Lumière de l'Orthodoxie

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7 mars 2021 : Responsables, donc coupables – Evangile du Jugement dernier – Le chemin spirituel de Paul de Thébaïde (3/3)

Victor

CHANTS

« Musique sacrée géorgienne – Georgian Sacred Music » par l’Ensemble Rustavi, sous la direction de Anzor Erkomaïchvili – Gramzapis Company – 1994.

INTRODUCTION  de Victor Loupan

Responsables, donc coupables

« Responsable, mais pas coupable ». Cette phrase est devenue proverbiale. Elle l’est devenue, parce qu’elle est révélatrice d’une mentalité très répandue aujourd’hui, qui dépasse largement le contexte où elle a été prononcée, lors du scandale du sang contaminé au début des années 1990.  Cette phrase révèle le refus de la culpabilité qui nous caractérise, c’est-à-dire le refus du péché.  Or refuser le péché, c’est refuser d’implorer la miséricorde divine. Miséricorde que Dieu est pourtant prêt à déverser sur nous, comme le montre la parabole de L’enfant prodigue, ou le bon larron dont le repentir lui a valu d’entrer le premier au Paradis nouvellement réouvert par la Rédemption. Notre acharnement à refuser la notion même de péché va nous coûter cher. Car, non seulement nous refusons le péché, mais nous abordons la mort à reculons, sans penser un seul instant que nous aurons des comptes à rendre. Cette vie, nous l’avons reçue, mais nous en faisons notre esclave, à la merci de nos caprices. Oui, cela nous coûtera cher… C’est ce que St Augustin nous rappelle dans sa méditation sur la seule sainte colère du Christ, lorsqu’Il a chassé les marchands du Temple. « Si l’ancien Temple, dit St Augustin, a dû subir cette purification, il est évident que le Corps du Christ qui est le véritable Temple, contient, lui aussi, des acheteurs et des vendeurs mêlés à ceux qui prient, c’est-à-dire des hommes qui ne cherchent que leur propre avantage et non celui de Jésus Christ. Un temps viendra où le Seigneur mettra dehors tous ces péchés. » [fin de citation] Oui, le Christ nous traitera comme les marchands du Temple, si nous continuons à refuser la notion de péché.

EVANGILE ET HOMELIE par le père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Jugement dernier (Matthieu 25, 31-46)

En ce temps-là Jésus dit : « Lorsque le Fils de l’Homme viendra dans sa gloire, escorté de tous les anges, alors Il siègera sur le trône de sa gloire, et seront rassemblées devant lui toutes les nations. Alors Il mettra à part les uns des autres, comme le pasteur met à part les agneaux des chevreaux ; et Il placera les agneaux à sa droite et les chevreaux à sa gauche. Puis le roi dira à ceux qui seront à sa droite : ‘Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde. Car J’ai eu faim et vous m’avez nourri ; J’ai eu soif et vous m’avez désaltéré ; J’étais étranger et vous m’avez recueilli ; nu et vous m’avez vêtu ; J’étais malade et vous m’avez rendu visite ; J’étais en prison et vous êtes venus me voir.’ Alors les justes lui répondront et lui diront : ‘Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim et t’avons-nous nourri, ou avoir soif et t’avons-nous désaltéré ? Quand t’avons-nous vu étranger et recueilli, ou nu et t’avons-nous vêtu ? Quand t’avons-nous vu malade ou en prison et sommes-nous venus te voir ?’ Le roi leur dira en réponse : ‘Amen, Je vous le dis, dans la mesure où vous l’avez fait à l’un des plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.’ Puis Il dira à ceux qui sont à gauche : ‘Allez loin de moi, maudits, au feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. Car J’ai eu faim et vous ne m’avez pas nourri ; J’ai eu soif et vous ne m’avez pas désaltéré ; J’étais étranger et vous ne m’avez pas recueilli ; nu et vous ne m’avez pas vêtu ; malade et en prison et vous ne m’avez pas rendu visite.’ Et eux aussi répondront : ‘Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim ou soif, être étranger, ou nu, ou malade, ou en prison et ne t’avons-nous pas assisté ?’ Alors Il leur dira en réponse : ‘Amen, Je vous le dis, dans la mesure où vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.’ Et ils s’en iront, eux vers le châtiment éternel, mais les justes vers la vie éternelle. »

*         *          *

Homélie : En ce dimanche de pré-carême, nous commençons à modifier notre façon de vivre. La conversion, ce retournement auquel nous sommes invités pour notre joie, commence par le corps. Modifier son alimentation est la démarche qui introduit à la modification des pensées, des sentiments et des actions. L’homme ne se change pas lui-même par une simple décision. Le volontarisme n’est pas si profitable ; les bonnes résolutions tombent souvent à l’eau ; ou bien, quand nous réussissons à nous imposer un changement, cela produit souvent une raideur, une crispation, l’orgueil d’être maître de soi, l’illusion d’être le dieu de soi-même ! L’expérience ecclésiale propose une démarche différente. Celle-ci consiste à se soumettre à l’action transformatrice et transfiguratrice opérée par le saint Esprit en ceux qui suivent le Fils. Le changement de régime alimentaire n’est pas une simple adhésion au style « vegan » ou la poursuite de la santé ou de l’amélioration de notre « look » en prévision des prochaines vacances, si Dieu et ceux qui nous gouvernent le veulent ! C’est plus profond que cela, nous le savons bien : nous renonçons à nous nourrir du sang versé et de la mort. Dans le principe, l’homme que nous sommes fut, non pas créé de rien, mais modelé et façonné à partir de la matière préexistante du cosmos, la Genèse le dit bien. Une fois ainsi modelé, non comme un objet, mais comme un corps animé d’une âme, nous avons reçu le souffle initial, ces arrhes de l’Esprit saint, qui firent de nous une âme vivante et charismatique. La corporéité est première. Le Créateur Lui-même se fit chair et corps. La corporéité que nous héritons de lui à la naissance et surtout au saint baptême et à la sainte chrismation est une corporéité pleine des énergies incréées de l’Esprit. Le corps très pur et le sang très précieux auxquels nous nous alimentons dans la sainte eucharistie sont une matière transfigurée. Notre propre corps s’en nourrit et tend vers la même transfiguration. L’importance de la dimension corporelle dans notre vie de chrétiens orthodoxes et particulièrement pendant le grand Carême et tous les carêmes, est spectaculaire. Certes, nous nous occupons de notre âme ! Mais celle-ci n’est pas une abstraction, un objet désincarné. C’est par le corps, par l’alimentation, le gestuel et l’action que nous avons accès à notre âme ; c’est par lui que nous pouvons la modifier ; l’alimentation, ou les comportements dont parle l’évangile de ce jour, influencent notre homme intérieur, d’autant plus que nous nous nourrirons davantage de la Parole de vie ! En adoptant le mode de vie du Verbe fait chair, l’homme peut communier à la profondeur de son existence divine.

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

Le chemin spirituel de Paul de Thébaïde (3/3)

Achevons ce long récit de Jean Moschos sur le chemin spirituel de Paul de Thébaïde. Paul était très fervent et voulait devenir moine. Mais au lieu d’entrer dans un monastère, il s’était enfermé dans une cellule d’ermite, en se livrant à une lourde ascèse. Voyant cela, le démon avait capté sa confiance et lui avait fait croire que le Christ allait lui rendre visite pour lui accorder des bienfaits. Mais au moment où Paul allait se prosterner devant ce soi-disant christ, une main l’avait renversé dans la direction opposée et la vision avait disparu. Comprenant enfin qu’il avait été joué par le démon, Paul était allé voir un anachorète qui l’avait d’abord rejeté, comme suppôt de Satan. Mais voyant son repentir, l’anachorète l’avait mené à un monastère, ordonnant qu’il reste sept ans dans les cuisines. Au bout de ce délai, l’anachorète était revenu, comme il l’avait promis, et avait dit à l’higoumène de mettre Paul dans une cellule pour les vieux ermites, à l’extérieur du monastère, promettant à Paul de venir lui parler, à nouveau, dans sept ans. Voici la suite, écoutez bien :

« Au bout de sept années passées dans la cellule, abba Paul voit, comme promis, arriver l’anachorète. Il lui dit : ‘‘Que me demandes-tu de faire, à présent ?’’ L’ancien lui répond : ‘‘Tu n’as plus besoin de moi. En effet, le Saint-Esprit qui habite en toi, t’apprendra tout.’’ Ces paroles se répandent dans le monastère et les environs et valent une grande gloire à Paul, qui a été en quelque sorte adoubé suite à ses quatorze années d’obéissance sans faille. Refusant de devenir une curiosité spirituelle, Paul décide de s’enfuir à Scètè. »

Vous vous souvenez, chers auditeurs, Scètè est l’ancien nom du désert égyptien de Ouadi Natroun, non loin du Caire, où se trouvaient de nombreux monastères à la règle très rude. C’est dans ce désert que Jean Moschos et ses compagnons ont rencontré Paul de Thébaïde qui y vivait en ermite.

« En toute vérité, poursuit Jean Moschos, il n’avait ni pain, ni récipient, ni rien d’autre pour répondre aux besoins du corps. Il ne travaillait pas de ses mains. Il n’avait pas un seul livre. Il ne mangeait pas pendant cinq jours de la semaine, pourtant il était de grande taille. Il nous a dit qu’il n’avait pas d’eau dans sa cellule. Quand des pèlerins lui rendaient visite en pleine chaleur et qu’ils avaient grand soif, lui, n’ayant pas d’eau, restait debout et priait. Contre toute attente, Dieu faisait jaillir de l’eau à l’endroit où il était en train de prier. Et les pèlerins se désaltéraient et glorifiaient Dieu. »

Tel était devenu le jeune Paul de Thébaïde que le démon avait pris sous sa coupe, au début de sa vie érémitique, mais qui s’était abandonné à la direction d’un saint anachorète et était lui-même devenu saint.

Commentaires

  1. Bonjour, je suis une fidèle auditrice de radio Notre Dame et ce n’est pas la première fois que j’écoute Lumière de l’Orthodoxie. A plusieurs reprises je vous ai entendu tenir des propos plus qu’inacceptables concernant le peuple croate. Des propos qui dénigrent et stigmatisent tout un peuple. Qui êtes vous pour juger le peuple croate comme vous le faites ? C’est inacceptable surtout sur une radio qui se dit chrétienne ! Comment pouvez-vous parler de l’Amour du Christ et en même temps propager des propos mensongers envers un peuple dont vous ignorez tout. L’animateur prend des positions pro serbes là où on attendrait plutôt de la neutralité et de l’intégrité, là où on attendrait des propos de réconciliation et d’amour plutôt que des propos qui divisent. Nous sommes en pleine période de Carême, et finalement le message et les contre vérités de l’animateur sont très éloignés de l’esprit du Carême, et du message du Christ. En espérant ne plus avoir à entendre ce genre de propos sur votre radio, je vous souhaite un bon Carême, dans la Paix et l’Amour du Christ.

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