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5 mai 2019 : Seule la foi mène à l’amour de Dieu – Evangile de St Thomas – Deux Abbas face à la mort de leurs disciples

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CHANTS

« Chants sacrés géorgiens » par le choeur Harmonie Géorgienne, sous la direction de Nana Peradze – Jade 2008

INTRODUCTION  de Victor Loupan

Seule la foi mène à l’amour de Dieu

Le Christ est ressuscité ! En vérité, Il est ressuscité !

Chers frères et sœurs en Christ, nous voici au Dimanche de Thomas. Nous sommes nombreux à avoir une grande sympathie pour l’apôtre du doute. Il est même devenu l’archétype de celui qui veut des preuves matérielles pour croire quelque chose. Or cette image de sceptique incrédule ne correspond pas à St Thomas dans l’Evangile. Quand Jésus part ressusciter Lazare, les apôtres le mettent en garde. Il risque à nouveau d’être lapidé… Mais Thomas balaie leurs arguties en disant : « Allons-y, nous aussi, afin de mourir avec lui ! » Ce n’est ni un frileux ni un pleutre.

Et le soir de la Résurrection, pourquoi n’est-il pas au Cénacle avec les autres disciples qui s’y étaient enfermés de peur d’être lynchés ? A nouveau, il n’a pas peur. Il doit être en quête d’un signe du Seigneur. Mais la parole des autres ne lui suffit pas. Il ne leur fait pas confiance. Ils étaient terrorisés et maintenant ils sont surexcités. Le Christ ne l’a pas habitué à ça. Thomas veut autre chose qui corresponde à sa quête. Il veut CROIRE de façon tangible le paradoxe christique de Dieu fait homme, mort et ressuscité.

Et quand Jésus apparaît et offre à Thomas ses plaies à toucher, il lui dit :  « Ne sois plus incrédule, mais croyant. » Imaginons bien la situation.  Jésus est mort depuis dix jours devant d’innombrables témoins. Et Il est là, bien vivant, avec ses plaies qui témoignent que c’est bien Lui qui est mort. Pourtant, malgré l’évidence, le Christ ne se présente pas comme une certitude scientifique, mais comme un objet de foi. Car c’est la foi qui nous mène à l’Amour de Dieu.

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Dimanche de Thomas (Jean 20, 19-31)

En ce temps-là, le soir de ce même jour, le premier de la semaine, les portes du lieu où étaient rassemblés les disciples étant fermées par peur des Judéens, Jésus vint et se tint au milieu d’eux et Il leur dit : « Paix à vous ! » Et, ayant dit cela, Il leur montra et ses mains et son côté. A la vue du Seigneur, les disciples se réjouirent. Jésus leur dit alors une nouvelle fois : « Paix à vous ! De même que le Père m’a envoyé, Moi aussi Je vous envoie. » Ayant dit cela, Il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit saint. À qui vous remettrez les péchés, ils seront remis, et à qui vous les retiendrez, ils seront retenus. » L’un des douze, Thomas, appelé le Jumeau, n’était pas avec eux lorsque vint Jésus. Les autres disciples lui dirent donc : « Nous avons vu le Seigneur. » Mais il leur dit : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous et ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et ne mets pas ma main dans côté, non je ne croirai pas. » Huit jours plus tard, ses disciples étaient de nouveau à l’intérieur et Thomas avec eux. Jésus arriva, portes fermées ; Il fut parmi eux et dit : « Paix à vous ! » Puis Il dit à Thomas : « Porte ton doigt ici et vois mes mains, et porte ta main et mets-la dans mon côté et montre-toi, non plus incroyant, mais croyant. » Thomas lui répondit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui, sans voir, croient ! » Jésus fit devant ses disciples bien d’autres signes qui ne figurent pas dans ce livre. Ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu et que, croyant, vous possédiez la vie en son Nom.

*         *          *

Homélie : Dès le matin de Pâques, toute notre attention pourrait être orientée vers la venue du saint Esprit. Déjà la lecture du Prologue annonce l’Esprit quand il est question de ceux qui seront engendrés « de Dieu » par l’Esprit du Père. Et le Christ ressuscité apparaît aujourd’hui comme Celui qui donne l’Esprit. Certes, le Fils nous l’enseigne de ses propres mots, le Père qui est la source unique de l’Esprit ; mais c’est Lui, le Fils, qui le donne aux croyants : « Paix à vous ! » et surtout « recevez le saint Esprit » font du Verbe le grand Donateur de l’Esprit. Le temps de Pentecôte est commencé. L’Église entend les nobles prières du Pentecostaire. On comprend que la Résurrection n’est pas l’aboutissement de tout, qu’elle n’est pas la fin de l’économie du Salut. Non : la Résurrection, la Pâque du Fils de Dieu et Fils de l’Homme, instaure l’avènement de l’Esprit. Le Verbe s’est fait chair et homme, non seulement pour souffrir, non seulement pour nous réjouir par résurrection, mais pour donner à tous l’Esprit du Père ! Tel est le but de l’Incarnation où l’Esprit nous donna le Fils ! Le temps de Pentecôte est une cinquantaine comme le dit le nom ; or, comme le carême pascal est précédé par toute une préparation, ce qui constitue en tout une bonne cinquantaine, le temps de Pentecôte dure une quarantaine jusqu’à l’Ascension, que prolongent dix jours avant la Descente vertigineuse de l’Esprit. Nous suivons ainsi deux carêmes, de part et d’autre de la Pâque du Sauveur, en réalité deux cinquantaines. Dans cette grande période de cent jours, Pâque, aboutissement du grand Carême catéchuménal, est suivi d’un autre carême, qu’on pourrait appeler le Carême de l’Esprit. Cette cinquantaine correspond, pour ceux qui ont été illuminés à Pâques, à celle que les Pères appellent celle de la catéchèse mystagogique. C’est le temps de pénétrer, par l’Esprit saint justement, toute la profondeur de l’événement pascal, le passage du Seigneur de la mort à la vie, de la terre jusqu’au ciel, de l’Enfer au Paradis. Tous sont invités à boire « au flot nouveau de la source d’immortalité merveilleusement jaillie, non plus du rocher dans le désert, mais sur le tombeau du Christ, notre force et notre joie ! », selon le canon pascal. Le Christ ressuscité est ce Rocher d’où surgit l’Eau vive, l’Esprit du Père. De son côté ruisselle de le Vivifiant. Aujourd’hui, l’apôtre fait l’expérience du Christ Source de vie. La foi surgie dans son cœur au contact du côté percé par la lance est un miracle de l’Esprit. Et le Christ parle d’un second miracle du même Esprit : ceux qui s’approchent du Rocher mystique par la foi, le connaîtront par l’Esprit autant que ceux qui le touchent et à qui l’Esprit communique la connaissance parfaite du Verbe. À nous aussi, en ce Carême de l’Esprit, il est promis que, nos yeux de chair étant transfigurés, ou par le fruit d’une confiance aveugle, nous nous abreuverons à la Fontaine de Vérité. Notre prière, pendant tout ce temps de Pentecôte est la louange, la glorification du Ressuscité Source de Vie : Gloire à ta divine Résurrection, Seigneur Jésus, gloire à toi !

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

Deux Abbas face à la mort de leurs disciples

Voici deux récits étonnants rapportés par Jean Moschos. Ecoutez bien :

« Un ancien résidait à l’extérieur de la ville d’Antinoé, au centre de l’Egypte. C’était un homme de grande vertu. Il vivait dans sa cellule depuis 70 ans et avait dix disciples. Mais l’un d’eux ne prenait pas soin de son âme. L’ancien l’avertissait souvent : ‘‘Frère, préoccupe-toi de ton âme. Tu vas mourir et t’en aller vers le châtiment.’’ Mais ce disciple ne l’écoutait pas. Et voilà que ce frère meurt. L’ancien est très affecté par cette disparition, car il sait que le moine a quitté ce monde dans une grande négligence spirituelle. Il se met alors à prier ainsi : ‘‘Seigneur Jésus-Christ, notre vrai Dieu, révèle-moi le sort réservé à l’âme de ce frère.’’ Il tombe en extase et voit un fleuve de feu, une foule au milieu du feu, et au centre le frère plongé dans les flammes jusqu’au cou. L’ancien lui dit : ‘‘N’est-ce pas à cause d’un tel châtiment que je t’exhortais de prendre soin de ton âme, mon enfant ?’’ Et le frère lui répond : ‘‘Je rends grâce à Dieu, Père, parce que, malgré tout, ma tête est épargnée. Grâce à tes prières, je m’appuie sur la tête d’un évêque.’’ »

Et voici le second récit consacré à Hagiodoulos, le vénérable higoumène de la laure Gérasimos :

« Un jour, un frère meurt et on oublie d’avertir Hagiodoulos. Le canonarque frappe la simandre [vous vous souvenez, chers auditeurs, c’est le bois suspendu que le canonarque frappe pour appeler les moines à l’office]. Tous les frères se rassemblent à l’église où reposait la dépouille du défunt. Quand Hagiodoulos voit le frère mort, il s’afflige car il n’a pas pu le saluer avant son décès. Il s’approche du brancard et déclare au défunt : ‘‘Réveille-toi, frère, et embrasse-moi.’’ Le frère se lève et embrasse l’higoumène. Puis Hagiodoulos lui dit : ‘‘Dors maintenant jusqu’à ce que le Fils de Dieu vienne te réveiller.’’ Et le défunt se recoucha et retomba dans le sommeil de la mort. »

Le Christ est ressuscité ! En vérité, Il est ressuscité !

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