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4 avril 2021 : Figures du Christ dans l’Ancien Testament – Evangile de la Croix – L’enfant ressuscité

Victor

CHANTS

« Ô Sainte Russie, garde la foi orthodoxe – O Holy Russ, Keep Thou the Orthodox Faith » par le choeur de la cathédrale patriarcale de la Théophanie, à Moscou, sous la direction de Guennady Kharitonov – Enregistrement de 1987- RDC 1994.

INTRODUCTION  de Victor Loupan

Figures du Christ dans l’Ancien Testament

Joyeuses Pâques à nos frères catholiques qui fêtent aujourd’hui la Résurrection du Seigneur !  Quant à vous, nous poursuivons le Carême pendant près d’un mois encore.  Je vous propose aujourd’hui de suivre St Basile qui relève dans l’Ancien Testament les nombreux signes qu’il appelle « figures » et qui annoncent le Christ. Bien sûr la première figure du Christ, c’est Adam. C’est d’ailleurs St Paul qui a d’abord fait ce parallèle : « Comme Adam est fait d’argile, dit St Paul, ainsi les hommes sont faits d’argile. Comme le Christ est du ciel, ainsi les hommes seront du ciel. Et de même que nous nous aurons été à l’image de celui qui est fait d’argile, de même nous serons à l’image de celui qui vient du ciel. » Mais St Basile poursuit le parallèle et indique dans l’Exode du peuple hébreu, pendant 40 ans dans le désert, plusieurs autres figures du Christ. D’abord le rocher.  « L’eau qui coule de la pierre, dit St Basile, est la figure de la puissance vivifiante du Verbe, car le Seigneur Jésus a dit : ‘‘Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive.’’ » De même, la manne descendue du ciel est une préfiguration de l’Eucharistie. Quant au serpent de bronze, dressé par Moïse pour sauver de la mort tous ceux qui étaient mordus par l’invasion des reptiles, il est une figure de la Croix. Tout comme le sang de l’agneau qui a sauvé les premiers-nés israélites, est bien sûr la figure du sang du Christ. Et enfin, la nuée qui guidait le peuple de Dieu, dans le désert « elle était, conclut St Basile, l’ombre du don de l’Esprit, qui rafraîchit nos membres en éteignant la flamme des passions. »

EVANGILE ET HOMELIE par le père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Dimanche de la Croix (Marc 8, 34 – 9, 1)

En ce temps-là, Jésus appela la foule avec ses disciples et leur dit : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à soi, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive, car celui qui veut sauver sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi et du Bon Message de l’Évangile la sauvera. En effet, à quoi sert à quelqu’un de gagner le monde entier et de se condamner à perdre sa vie ? En effet, que peut donner quelqu’un en échange de sa vie ? Et celui qui a honte de moi et de mes paroles dans cette génération infidèle et pécheresse, le Fils de l’Homme aura également honte de lui lorsque, avec ses saints anges, Il viendra dans la gloire de son Père. » Et Jésus leur dit : « Amen ! Je vous le dis, il en est parmi ceux qui sont ici avec moi qui ne goûteront pas la mort avant d’avoir vu le Royaume de Dieu venant avec puissance ! »

*          *          *

Homélie : La préparation à la célébration pascale est le contenu du saint et grand Carême. Pour les catéchumènes, ce temps les conduit au saint baptême ; pour les baptisés, c’est l’heure du renouveau de la grâce baptismale, la remise à niveau pour chacun de la foi qui le fait vivre. Ce dimanche, le troisième de la série, marque la mi-temps de cette belle période de renouveau et d’illumination. C’est comme une première étape dans un grand pèlerinage, une pause sur la route, une halte pour s’abreuver, se rafraîchir et reprendre souffle. Au pied de la sainte et vivifiante Croix, nous trouvons de l’ombre et le sentiment d’une ineffable et divine protection. A vêpres, hier soir, la Croix est vénérée comme une torche lumineuse, un flambeau qui montre la route, une consolation et la porte de la joie. Elle est appelée « paradis de l’Église et nouvel arbre de vie », « arme invincible », « trophée de la Foi », « havre du salut ». La dimension de deuil de ce temps du carême – car nous apprenons à pleurer, comme Adam et le Fils prodigue, sur la folie de nos péchés et de nos passions qui nous éloignent de la vraie vie – est dissipée, chaque dimanche de Carême, et particulièrement aujourd’hui, par la splendeur de l’amour de Dieu pour nous. L’amour divin est lumière, aveuglante et insupportable pour les pécheurs endurcis, consolante et réconfortante pour ceux qui se repentent. La même lumière est tourment pour les uns et allégresse pour les autres. La Croix est elle-même ce « Royaume de Dieu venu avec puissance », dont parle le Sauveur dans l’évangile que nous venons d’entendre. La sainte Croix est la « venue en gloire » annoncée par le Messie et que nous confessons dans le Symbole de la foi œcuménique. Aujourd’hui a lieu la Parousie, c’est-à-dire la présence par la grâce de l’Esprit très saint et très bon du Verbe incarné. C’est pourquoi nous nous prosternons avec amour, avec reconnaissance et avec émerveillement. La Croix est la lumière de la Présence ; elle est le flambeau de l’accomplissement de tout le projet divin ; elle signe la fin des temps et l’aboutissement de l’Histoire. Le Christ se rend présent dans son monde et particulièrement dans son Église par le rayonnement de la Croix. Nous la glorifions, nous l’embrassons, nous la révérons, nous lui parlons comme à quelqu’un, ou plutôt nous parlons à celui dont elle atteste la présence. C’est Lui, le Christ, le Crucifié triomphant, que nous supplions dans l’office de ce jour : nous lui demandons de ne plus jamais être séparés de lui par nos péchés. Et, c’est vrai : si nous nous émerveillons de la Croix, c’est-à-dire de l’amour de Dieu pour nous, pour tous les hommes et pour l’entière Création, il n’y a plus guère de place dans notre cœur pour le péché. Que la glorification, que la louange, que la gratitude occupent toute notre conscience, tout notre cœur, notre volonté, toutes les fibres de notre être : le péché deviendra impossible. Nous comprenons mieux ce que nous dit aujourd’hui le Sauveur : prendre chacun sa croix, cela veut dire bénir sa vie, rendre grâce au Seigneur pour tous et pour tout. Cela veut dire investir toute notre vie d’une reconnaissance sans mesure ; crucifier nos péchés par la louange ; nous extraire de nos enfers personnels par la glorification du Christ ; implanter ainsi une croix de lumière dans les ténèbres de nos passions égoïstes ; croire que la croix que nous portons sur notre corps depuis le saint baptême atteste la présence du Sauveur dans notre vie ; croire que nous sommes à titre personnel le lieu de sa parousie, le temple de sa gloire, l’habitation de son amour ; croire, enfin, que nous sommes aimés de lui. Prendre sa croix, cela veut dire embrasser et vénérer la main de lumière que le Seigneur nous tend chaque jour, car nos épreuves même les plus lourdes sont en forme de Croix de vie !

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

L’enfant ressuscité

Jean Moschos rapporte ici un récit tout à fait sidérant, qui rappelle la fameuse phrase de Job « Le Seigneur a donné, le Seigneur a repris : Béni soit le nom du Seigneur ! » C’est un prêtre qu’il qualifie de « grand ascète » qui le lui a raconté, écoutez bien :

« Un jour, raconte ce prêtre, je vais, avec un de mes frères moines, rendre visite à Maître Martyrios. Nous frappons à sa porte. Sa femme, qui est à l’intérieur, nous entend. Sachant que c’est nous, elle va appeler son mari qui est dans le vignoble. Il arrive et nous embrasse. Puis, il verse de l’eau dans un bassin et nous lave les pieds. Ensuite, il nous fait monter à l’étage de sa maison où il installe une table. C’était vraiment un homme rempli de l’amour de Dieu. Nous sommes en train de manger le repas, et sa femme amène son fils dans un panier et le place près de la porte, à côté de son père, pour que nous le bénissions. Mais un démon jaloux bascule le bébé qui dégringole l’escalier jusqu’en bas et meurt sur le coup. Le père est près de la porte et, en se penchant, il voit son fils mort. Mais il n’est pas troublé. Sa femme non plus. Il lui fait un signe et elle descend prendre le bébé défunt pour le remettre dans son lit. Le père mange et boit de bon cœur avec nous. Bien sûr, nous ne nous étions pas rendu compte du drame. Après le repas, nous nous apprêtons à repartir ; et lui et sa femme, l’air heureux, nous souhaitent bon voyage. Tous deux récitent une prière, puis, prenant ma main, ils me demandent : ‘‘Entre dire une prière pour notre enfant, car il va mal.’’ J’entre dans la chambre et je marque du signe de la Croix l’enfant que je croyais endormi. Puis je repars avec mon frère moine. Quelques jours plus tard, nous les rencontrons à nouveau. Ils sont vraiment très heureux de nous revoir. L’enfant est assis à côté de sa mère et nous glorifions Dieu de lui avoir rendu la santé. Ils prennent l’enfant dans leurs bras et nous disent : ‘‘Ce petit était mort et, grâces à vos prières, Dieu nous l’a rendu !’’ Et ils nous racontent tout en détail. ‘‘Après votre départ, disent-ils, nous sommes entrés là où reposait l’enfant pour l’emporter et l’ensevelir. Et, grâce à vos prières, nous l’avons trouvé vivant !’’

On dit de cet enfant, conclut le prêtre par qui le miracle s’était opéré, que, devenu adulte, il fut un homme vivant en accord avec Dieu. »

Le podcast de cette émission n'a pas encore été mis en ligne.

Commentaires

  1. Chère RND,
    Ce podcast du 4 avril n’a pas été mis en ligne. Serait-il possible de réparer cet oubli ?
    Merci et amitiés en NS et ND,
    C. L.

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