Lumière de l'Orthodoxie

Podcasts

3 novembre 2019 : « La Vérité vous rendra libres » – Evangile de la parabole de Lazare et le riche – L’évêque ouvrier (2/2)

Victor

CHANTS

« Eglise chrétienne orthodoxe d’Ethiopie – ‘AWwAQwAM – La musique et la danse des cieux  »  INEDIT  Maison des Cultures du Monde – Collection Terrains (2002-2003)

INTRODUCTION  de Victor Loupan

« La Vérité vous rendra libres »

La semaine dernière, je vous ai parlé de l’aveuglement volontaire de certains historiens qui refusent de prendre en compte les sources historiques dites « confessionnelles » et vont même jusqu’à prétendre que Jésus n’a pas existé, alors qu’ils croient à l’existence de certains personnages antiques sur lesquels on a très peu de documents.

Dans la foulée, je voudrais vous lire ce que St Paul dit de ce genre de personnes. Ecoutez bien : « La colère de Dieu se révèle du haut du ciel contre toute impiété et contre toute injustice des hommes qui, par leur injustice, font obstacle à la Vérité. En effet, ce que l’on peut connaître de Dieu est clair pour eux, car Dieu le leur a montré clairement. Depuis la création du monde, on peut voir avec l’intelligence, à travers les œuvres de Dieu, ce qui – de Lui – est invisible : c’est-à-dire sa puissance éternelle et sa divinité. Ces impies n’ont donc pas d’excuse, puisque, malgré leur connaissance de Dieu, ils ne Lui ont pas rendu la gloire et l’action de grâce que l’on doit à Dieu. Ils se sont laissé aller à des raisonnements sans valeur, et les ténèbres ont rempli leurs cœurs privés d’intelligence. Ces soi-disant sages sont devenus fous ; ils ont échangé la gloire du Dieu impérissable contre des idoles représentant l’homme périssable. Ils ont échangé la vérité de Dieu contre le mensonge ; ils ont vénéré la création et lui ont rendu un culte plutôt qu’à son Créateur, lui qui est béni éternellement. Amen. »

Eh oui, chers frères et sœurs en Christ, la parole du Seigneur est immortelle : « La Vérité vous rendra libres. »

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

La parabole de Lazare et le riche (Luc 16, 19-31)

En ce temps-là, le Seigneur dit la parabole suivante. Un homme riche s’habillait de pourpre et de lin fin, et faisait chaque jour des festins somptueux. Et un pauvre nommé Lazare gisait près de son portail, tout couvert de plaies. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche, mais c’étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses plaies. Or le pauvre mourut et fut emporté par les anges dans le sein d’Abraham ; le riche mourut également et fut enseveli. Dans le séjour des morts, en proie aux tourments, le riche leva les yeux et vit de loin Abraham, et dans le sein d’Abraham, Lazare. Alors il s’écria : « Père Abraham, miséricorde ! Envoie Lazare tremper dans l’eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue, car dans ces flammes je souffre cruellement ». Abraham lui répondit : « Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et Lazare ses maux ; maintenant donc il trouve ici consolation, et c’est ton tour de souffrir. D’ailleurs entre vous et nous s’est ouvert un abîme profond ; et ceux qui le voudraient ne peuvent passer d’ici vers vous, pas plus que ceux qui voudraient passer de là jusqu’à nous ». Le riche dit alors : « Père, je t’en prie, envoie Lazare dans la maison de mon père. J’ai cinq frères : qu’il leur fasse la leçon, pour qu’ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de tourments ». Et Abraham de lui répondre : « Ils ont Moïse et les prophètes, qu’ils les écoutent ! » Mais le riche reprit : « Non, Père Abraham, mais si quelqu’un de chez les morts va les trouver, ils se repentiront ». Mais Abraham lui dit : « S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne croiront pas davantage quelqu’un qui ressusciterait d’entre les morts ! 

*         *         *

Homélie : Les péricopes évangéliques que l’on entend le dimanche pendant le mois de novembre se rapportent au carême de Noël qui va s’ouvrir pour nous le 15 de ce mois. Le message commun à ces paroles successives concerne la miséricorde. Le Seigneur en effet vient dans le monde, par la conception virginale, par la divino-humaine prégnance et par la mise au monde, et manifeste la totalité de son amour pour apprendre à ses disciples à aimer comme Il aime. Qu’est-ce en effet qu’être chrétien, baptisé, disciple ou apôtre de Jésus le Verbe, si ce n’est participer à l’amour divin pour le Père et pour les hommes ? Qu’est-ce en effet que le saint baptême si ce n’est la voie de la déification par l’acquisition de l’amour du Christ ? L’homme s’accomplit en se dépassant : « Il se déifie peu à peu, c’est-à-dire devient capable d’aimer », écrit Olivier Clément auquel la revue Contacts consacre une belle édition spéciale. Le Verbe devenu homme pour apprendre aux hommes l’amour nous montre aujourd’hui, dans cette belle parabole, un homme incapable d’aimer. Celui-ci se montre incapable d’aimer le prochain, ce proche qui est à sa porte, incapable de compassion à son égard, incapable de se réjouir pour son salut, incapable même de le voir. Ce mauvais riche vit l’enfer du non amour, ne voyant autrui, ni dans ce monde, ni dans l’autre, dans ce sein d’Abraham où Lazare était si bien, ayant « trouvé la consolation ». L’égoïsme qui fait de lui un handicapé de l’amour, un paralysé du cœur, prend la forme d’un égoïsme familial, caricature de l’amour, puisqu’il exclut l’étranger, que celui-ci soit à sa porte ou qu’il soit au Paradis. Le Fils de Dieu vient nous apprendre à aimer, en nous montrant par tout son comportement l’antithèse de ce riche. Il vient en pauvre des biens de ce monde. Il ne s’habille pas « de pourpre et de lin fin » ; Il ne fait pas « chaque jour des festins somptueux » ; Il n’a pas une belle maison ornée d’un grand portail ; et Il n’a pas non plus, comme signe extérieur de richesse, un pauvre à sa porte. Le Fils de Dieu et Fils de l’Homme n’a rien ; toute sa vie, Il a habité chez les autres, et Il n’avait rien, s’Il dormait dehors, à mettre sous sa tête, pas même une pierre. Dieu n’a rien. Dieu est. Dieu ne possède pas : Il aime. Il veut nous apprendre cela, et que nous l’apprenions à nos enfants, que nous fassions dès aujourd’hui un programme familial pour le temps de l’Avent, ces six semaines du jeûne de la Nativité. Nous pourrions ainsi apprendre à nous déposséder pour laisser dans notre cœur la place à l’amour. Nous pourrions, nous et nos enfants, apprendre à aimer plutôt qu’à jouir. Les tentations, en ce monde de consommation, sont grandes : on ne peut résister à l’appétit d’avoir et de jouir qu’en goûtant une gratification plus grande. Apprenons, et enseignons à nos enfants, comme il est agréable, doux, délicieux, consolant et pacifiant d’aimer, et de n’avoir rien d’autre à donner en cadeau de Noël que de l’amour, de la considération, un regard attentif qui remarque qu’autrui, le prochain, existe.

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

L’évêque ouvrier (2/2)

Nous avons commencé, la semaine dernière, le récit d’un évêque qui avait abandonné son évêché et était allé incognito à Antioche où il était devenu ouvrier dans les chantiers de la ville en reconstruction depuis le séisme de 526. Le Comte d’Orient, Ephrem, dirigeait les travaux. Un jour, il voit, dans son sommeil, l’ouvrier-évêque couché et une colonne de feu qui descend du ciel et s’arrête au-dessus de lui.  Cette vision se répète de nombreuses fois, de façon effrayante. Ephrem qui a reconnu un de ses ouvriers le convoque pour savoir qui il est et d’où il vient. L’homme lui répond : “Donne-moi ta parole que, tant que je serai en vie ici-bas, tu ne parleras de moi à personne, et je te révélerai ce que je suis, à l’exception de mon nom et de ma ville. »

Voici la suite, écoutez bien :

“Ephrem jure ainsi : ‘‘Aucun danger que je parle de toi à qui que ce soit, tant que Dieu te prêtera vie ici-bas.’’ Alors l’homme lui dit : ‘‘Je suis évêque et j’ai laissé mon évêché à cause de Dieu. Je suis arrivé ici, car c’est un territoire inconnu pour moi. Je vis dans la misère et je m’occupe à ses tâches de reconstruction. Avec mon labeur, je gagne un peu de pain. Mais, toi Ephrem, dans la mesure de tes moyens, fais aussi l’aumône. Car ces jours-ci, Dieu va te faire monter sur le trône apostolique d’Antioche, pour que tu sois le Pasteur de son peuple, que le Christ, notre vrai Dieu, a sauvé par son propre sang. Je te le dis : bats-toi pour la charité et pour l’orthodoxie. De tels sacrifices plaisent à Dieu.’’

Ephrem, sidéré d’entendre cette prédiction, glorifie le Seigneur en disant : ‘‘Combien Dieu a de serviteurs que l’on ignore et que Lui seul connaît !’’ Et quelques jours plus tard, la prophétie se réalisa. »

St Ephrem d’Antioche est devenu patriarche en 527 (un an après le séisme) et l’est resté jusqu’à sa mort en 545. En 531, il fut attaqué dans son palais par une foule de monophysites. Il s’en est suivi une répression sanglante. Suite à quoi, il est devenu un pourfendeur implacable de ces hérétiques, à travers toute la Syrie. Il a déposé 34 évêques et déporté un millier de moines. La colonne de feu de sa vision et la parole de l’évêque-ouvrier « Bats-toi pour l’orthodoxie » ont dû l’inspirer ! Il était par ailleurs un écrivain prolixe, mais il ne nous reste de ses écrits que quelques fragments cités par d’autres auteurs.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *