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2 juin 2019 : La paix du Christ – Évangile de l’Aveugle-né – Le fruit de la fidélité conjugale (3/3)

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CHANTS

« La gloire de Byzance » par Divna et le choeur Mélodi et par Lycourgos et le choeur Grec de Byzance.

INTRODUCTION  de Victor Loupan

La paix du Christ

Le Christ est ressuscité ! En vérité, Il est ressuscité !

Le soir du Jeudi Saint, Jésus a dit à ses apôtres : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; je ne la donne pas comme le monde la donne. » En quoi la paix du Christ est-elle différente de celle du monde ?

La paix du monde, c’est la tranquillité. « Fous-moi la paix » est sans doute l’expression la plus répandue concernant la paix. La tranquillité, c’est de ne pas être importuné par les difficultés d’autrui. Que ce soit l’enfant qui a besoin d’être recadré avec subtilité, ou le conjoint qui s’empêtre dans ses reproches. Nous préférons nous enfermer dans notre smartphone, et si vraiment ils ne nous lâchent pas, c’est l’explosion « Fous-moi la paix ! »

Cette recherche de la tranquillité devient pernicieuse quand elle se transforme en quête de la bonne conscience.  Car la bonne conscience permet de se débarrasser définitivement du souci de l’autre. Il ne s’agit plus ici du train-train quotidien, mais des décisions essentielles qui peuvent être irrévocables. Ca peut être le divorce, soi-disant pour le bien des enfants. Ca peut être l’avortement des trisomiques, pour ne pas leur infliger une telle vie. Ou encore l’euthanasie des personnes qui ont besoin de beaucoup de soins, car c’est, paraît-il, le comble de l’indignité ! Ce n’est pas ça, la paix du Christ. Elle ne nous débarrasse pas de nos frères encombrants, mais elle nous donne la force de les accepter tels qu’ils sont, et de leur venir en aide avec humilité. Que le Seigneur nous donne sa paix !

EVANGILE ET HOMELIE par le Père Marc-Antoine Costa de Beauregard

Dimanche de l’Aveugle-né (Jn 9, 1-38) 

En ce temps-là, en passant, Jésus vit, assis, un homme aveugle de naissance. Ses disciples l’interrogèrent en disant : « Maître, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? » Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents, n’ont péché, mais c’est afin qu’en lui se manifestent les œuvres de Dieu. Il nous faut, tant qu’il fait jour, accomplir les œuvres de celui qui m’a envoyé ; vient la nuit où nul ne peut travailler. Pendant que Je suis dans le monde, Je suis la lumière du monde. » Ayant dit cela, Jésus cracha à terre et fit de la boue avec sa salive, puis Il lui appliqua la boue sur les yeux et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé (ce qui signifie « envoyé »). » L’homme partit donc et se lava, et revint voyant. Alors les voisins et ceux qui l’avaient vu auparavant (c’était un mendiant) dirent : « N’est-ce pas lui qui était assis et mendiait ? » Certains disaient : « C’est lui. » D’autres disaient : « Non, mais il lui ressemble. » Mais, lui, dit : « C’est moi. » Ils lui dirent donc : « Comment tes yeux se sont-ils ouverts ? » Celui-ci répondit : « L’homme appelé Jésus a fait de la boue, m’en a enduit les yeux et Il m’a dit : Va te laver à la piscine de Siloé. J’y suis donc allé, je me suis lavé et suis devenu voyant. » Ils lui dirent : « Où est-il ? » Il dit : « Je ne sais pas. » On conduisit aux Pharisiens celui qui avait été aveugle. Or le jour où Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux, était un sabbat. Les Pharisiens lui demandèrent alors à leur tour comment il avait eu la vue. Il leur dit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé et je vois. » Certains Pharisiens dirent alors : « Cet homme ne vient pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le sabbat. » Mais d’autres dirent : « Comment un pécheur peut-il faire de tels signes ? » Et il y eut division parmi eux. Ils dirent encore à l’aveugle : « Que dis-tu de lui, de ce qu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète. » Avant d’avoir fait appeler les parents de celui qui voyait, les Judéens ne crurent cependant pas qu’aveugle il eût trouvé la vue. Et ils leur demandèrent : « Est-ce là votre fils, dont vous dites, vous, qu’il est né aveugle. Comment alors voit-il maintenant ? » Ses parents répondirent : « Nous savons que c’est notre fils et qu’il est né aveugle. Comment voit-il maintenant, nous ne le savons pas, ou, qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas. Demandez-lui, il a l’âge de parler de lui-même. » Ses parents disaient cela par crainte des Judéens, parce que ceux-ci avaient décidé entre eux que, si quelqu’un reconnaissait Jésus comme Christ, il serait exclu de l’assemblée. C’est donc pourquoi ils dirent : « Il a l’âge, interrogez-le. » Les Pharisiens appelèrent donc une seconde fois l’homme qui avait été aveugle et lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous, nous savons que cet homme est un pécheur. » Lui, répondit alors : « Si c’est un pécheur, je ne sais pas ; je sais une chose c’est que j’étais aveugle et que, maintenant, je vois. » Ils lui dirent à nouveau : « Que t’a-t-il fait ? Comme t’a-t-il ouvert les yeux ? » Il répondit : « Je vous l’ai déjà dit : n’avez-vous pas écouté, que vous vouliez l’entendre une nouvelle fois ? Ne voudriez-vous pas, vous aussi, devenir ses disciples ? » Alors, ils l’injurièrent et dirent : « C’est toi qui es disciple de celui-là ; nous, c’est de Moïse que nous sommes disciples. Nous, nous savons que Dieu a parlé à Moïse et que Dieu n’écoute pas les pécheurs, mais, celui-là, nous ne savons pas d’où il est. » L’homme leur répondit : « C’est pour cela, en effet, que je suis étonné, parce que vous ne savez pas d’où il est, et il m’a ouvert les yeux. Nous savons que Dieu n’écoute pas les pécheurs, mais si quelqu’un est pieux et fait sa volonté, il l’écoute. Jamais, jusqu’à présent on n’a entendu dire qu’on eût ouvert les yeux d’un aveugle de naissance. Si cet homme n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. » Ils lui répondirent : « De naissance, tu n’es, toi, que péché, et tu nous enseignerais ? » Et ils le mirent dehors. Jésus apprit qu’ils l’avaient chassé et, le rencontrant, Il lui dit : « Toi, crois-tu en le Fils de l’Homme ? » Il répondit : « Et qui est-Il, Seigneur, que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu l’as vu, et celui qui parle avec toi, c’est lui. » Il dit alors : « Je crois, Seigneur » ; et il se prosterna devant Jésus.

*          *          *

Homélie : Le choix de l’évangile de ce jour s’explique par l’approche de la Pentecôte. Nous attendons de l’Esprit de voir le Seigneur Jésus face à face et, surtout, de croire en lui. Aveugles de naissance, nous aspirons à une vraie expérience personnelle du Seigneur Jésus par le saint Esprit, l’illumination de notre esprit, de notre cœur, de notre corps lui-même. Avons-nous seulement jamais dit « Je crois en toi, Seigneur ! » ? La religion et la morale ne nous conduisent pas vers une telle rencontre. Seul le saint Esprit nous fait connaître le Christ de façon évidente et exclusive. Profitons de ce que le Christ est présent dans le monde comme « Lumière du monde » pour le glorifier et le louer sans cesse de nous accorder par le saint Esprit de le connaître, y compris dans les circonstances difficiles de notre vie. Le Seigneur veut nous conduire à la connaissance parfaite de la vérité, c’est-à-dire de lui-même ; Il est venu dans le monde pour rencontrer chaque personne humaine et se faire connaître d’elle par le saint Esprit. Gloire à toi, Seigneur Jésus, gloire à toi !

SAGESSE DES PERES par Victor Loupan

Le fruit de la fidélité conjugale (3/3)

Achevons le beau récit de fidélité conjugale, rapporté par Jean Moschos, que nous avons commencé il y a quinze jours. Souvenez-vous, un négociant avait perdu dans un naufrage toute sa fortune. Ses créanciers l’avaient fait emprisonner, réduisant sa femme à la mendicité. Un jour qu’elle visitait son mari dans la prison, un personnage important était arrivé, s’était épris d’elle et lui avait proposé de payer sa dette contre une nuit passée avec lui. Se référant à saint Paul, elle lui avait répondu qu’elle devait d’abord demander à son mari.  Celui-ci, malgré la perspective de sortir de prison le lendemain, lui dit de rejeter la proposition de cet homme, car Dieu ne les oublierait pas. Un meurtrier les avait entendus et, touché par leur belle fidélité, il leur avait indiqué la cachette de son trésor pour payer leur dette, en leur demandant de prier Dieu, pour lui qui était condamné à mort. Voici la suite, écoutez bien :

« Quelques jours plus tard, poursuit Jean Moschos, le gouverneur arrive dans cette ville et ordonne l’exécution immédiate du brigand. Le lendemain, la femme dit à son mari : ‘‘Si tu veux, mon maître, j’irai à l’endroit indiqué par le brigand et je verrai s’il a dit vrai.’’ – ‘‘Fais comme il te semble’’ répond son époux. Munie d’une petite bêche, la femme se rend, un soir, au lieu indiqué. Elle creuse et trouve une marmite fermée par un couvercle. La marmite est remplie d’or ! Comme elle est aussi sage que fidèle, la femme décide de ne pas rembourser la dette d’un coup. Elle rend progressivement aux créanciers l’argent qu’ils avaient confié à son mari pour un important négoce qui avait sombré lors du naufrage. Elle leur fait croire qu’elle a emprunté d’abord à l’un, puis à l’autre. Et ainsi, au bout de quelques mois, elle libère son mari.

Celui qui nous a raconté cette histoire, conclut Jean Moschos, ajouta : ‘‘Voilà comment ils ont observé le commandement de Dieu ‘Tu ne commettras point d’adultère. Et grande fut la pitié de Notre Seigneur pour eux.’’ »

Le Christ est ressuscité, en vérité Il est ressuscité !

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