Le Débat de la Semaine

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Émission du 19 avril 2019 : Les interrogations après l’incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris

Radio Notre Dame  © Laurence de Terline

Jérôme Cordelier, rédacteur en chef au Point. Auteur de Au nom de Dieu et des hommes (Fayard)

Jean-Marie de Bourqueney, rédacteur en chef Évangile & Liberté

Carol Saba, avocat, chroniqueur au quotidien libanais An Nahar

 

Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas. Vendredi dernier, c’était le texte de Benoît XVI qui, associant la révolution sexuelle des années 60 aux scandales de mœurs dans l’Eglise, subissait une mise au bûché médiatique, une de plus. Cette semaine, changement d’ambiance : certes, on a encore eu chaud, au propre comme au figuré mais là plus question de bûché mais d’embrasement sentimental pour ND de Paris. Les catholiques deviennent tout à coup fréquentables. Enfin leurs vieilles pierres dont on s’aperçoit qu’elles représentent Paris et la France, alors qu’un certain fanatisme consacre toute son énergie uniquement à expulser le catholicisme de notre univers et, en plus, comme les cathos sont bien domestiqués, ceux-ci sont intériorisé la marginalité. La lumière les éblouit.

 

  • accident ou attentat : nous recevons des messages de personnes étonnées par le fait que la piste criminelle ne fasse pas plus l’objet d’attention médiatique. On parle du Bataclan et des larmes de crocodile des musulmans.
  • on parle aussi de l’unanimisme de façade autour du sens de Notre-Dame : controverse Fabrice Lucchini/Laurent Joffrin (éditorial de Gérard Leclerc ce matin sur l’antenne). Le premier parle de tragédie métaphysique, l’autre de cathédrale du peuple laïcisé par Hugo. Á qui appartient ND ? Ses thuriféraires laïques l’annexeraient-ils symboliquement, alors qu’ils combattent tout ce que le catholicisme représente par ailleurs ? Voir aussi François Cheng sur France 5 : la fraternité sans transcendance ne mène à rien (https://www.france.tv/france-5/la-grande-librairie/la-grande-librairie-saison-11/973355-notre-dame-histoire-et-litterature.html)
  • autre évocation : la tragédie symbolise une France qui défait de toutes parts, socialement, économiquement, démographiquement. Le feu qui dévore l’édifice de l’intérieur illustre aussi la déréliction morale des clercs ;
  • autres messages : si c’est un accident, il aurait pu/dû être évité.
  • quelles fondations soutenir : il règne une certaine confusion aussi à ce sujet

Commentaires

  1. Contrairement à ce que dit Jérôme Cordelier, héraut du politiquement correct – et, à ce titre, rédacteur en chef adjoint du Point -, il y a beaucoup plus de raisons de penser qu’il s’agit d’un incendie criminel que de raisons de penser qu’il s’agit d’un accident.

    Si une analyse logique à partir des informations dont nous disposons aujourd’hui (l’ancien architecte en chef de N-D, d’autres spécialistes; les constructions en bois ne brûlent pas mais se consumment, raison pour laquelle toutes les casernes de pompiers étaient construites en bois !; les travaux de réfection n’avaient pas commencés; etc., etc.) débouche sur la piste criminelle, il est parfaitement rationnel d’accorder plus d’importance, dès maintenant, à cette option. Et il n’est aucunement nécessaire d’avoir des preuves formelles pour ça.

    L’attitude irrationnelle est au contraire celle de Jérôme Cordelier, qui, magré ces éléments de réflexion, et alors qu’il n’a aucune information qui aille dans son sens, privilégie l’hypothèse de l’accident.

    La raison est aujourd’hui bien mal en point.

  2. « La raison est aujourd’hui bien mal en point. » dit notre ami.

    Et les cuistres feraient bien de prendre des cours de raison pratique cher Suger par exemple.
    A propos de sa basilique, l’abbé Suger de Saint-Denis écrit :
    « Le pouvoir admirable d’une raison unique et suprême efface la disparité entre les choses humaines et divines grâce à une composition adéquate, et ce qui paraît mutuellement en conflit par l’infériorité de son origine et la contrariété de sa nature, se trouve conjoint par la simple et éclatante concordance d’une harmonie bien tempérée supérieure. »

    Je n’insiste pas sur l’ignorance de l’autre cuistre pour qui il n’est de flèche qu’au 19 ème…
    alors que :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Cath%C3%A9drale_Notre-Dame_de_Paris#/media/File:La_Descente_du_Saint-Esprit.jpg

    Un Régis Debray ne s’en serait pas compté pour qui « la flèche donne son assise à la cathédrale… » (Éloge des frontières Ed. Gallimard)
    « …à quoi sert la frontière, en définitive ? A faire corps, à lever le museau… »

    J’ajoute: la France, comme système organisé, ne peut se clore avec ses éléments propres; avec Notre Dame de Paris et avec Régis Debray, « elle accroche le transcendant à l’immanent et l’envol à l’enclos ».

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