L’éditorial de Gérard Leclerc

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Émission du 31 octobre 2018 : Un populisme universel ?

L'éditorial

Le populisme constitue-t-il une menace universelle ? C’est l’impression que l’on a, en lisant les commentaires qui accompagnent la victoire d’un candidat, qualifié d’extrême droite, au Brésil. De fait, on constate dans des pays très différents, appartenant à plusieurs continents, des analogies troublantes. Pour autant, il est difficile de faire entrer dans une même catégorie des personnages, des systèmes politiques qui se rapportent à des aires de civilisation, des cultures très éloignées les unes des autres. M. Bolsonaro du Brésil, ressemblera-t- à M. Duterte, président des Philippines, réputé pour ses méthodes expéditives d’une extrême violence ? On ne saurait le dire en toute certitude, en dépit d’une commune verdeur de langage. On peut remarquer ce qui est plus qu’un détail. Duterte est en opposition frontale avec l’épiscopat philippin, tandis que Bolsonaro a l’appui des évangéliques, en plein essor dans un pays catholique. Cet appui constituera-t-il un frein aux pulsions que l’on redoute ?

La comparaison avec Donald Trump est encore plus problématique. Certes, le caractère fantasque de l’intéressé n’est pas sans danger et certaines de ses décisions sont périlleuses, mais il demeure dans le cadre solide de la constitution américaine et les élections prochaines peuvent entraver ses initiatives extrémistes. On peut en dire autant du rapprochement fait avec les nations d’Europe centrale comme la Hongrie et la Pologne, dont les régimes sont souvent qualifiés d’illibéraux. Mais, contrairement à certains jugements outranciers, tout rapprochement avec la montée des totalitarismes dans les années trente est inadéquat. On reste dans les limites d’un État de droit, en dépit de débordements litigieux.

Sans doute peut-on mettre quand même en évidence un certain climat de défiance, même de peur qui invite les populations à recourir à des solutions non libérales. Mais les succès populistes dépendent moins de la propagande d’une idéologie que d’une situation de déséquilibre que les formations classiques n’ont pas su maîtriser. Les formations alternatives qui profitent de la désorientation populaire seront-elles capables d’obtenir des résultats significatifs ? On le verra assez vite, et leur fiabilité risque d’être alors contestée.

 

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