L’éditorial de Gérard Leclerc

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29 octobre 2020 : Qu’est-ce que la vie ?

L'éditorial

« Je ne meurs pas, j’entre dans la Vie », sainte Thérèse de Lisieux.

Les mesures radicales du gouvernement à l’encontre de la pandémie que nous subissons se justifient par un motif essentiel : sauver des vies. Pour reprendre l’expression de Bardamu, personnage de Céline : « Il n’y a que la vie qui compte. » C’est pour cela que l’on n’hésite pas à porter des coups terribles à l’économie, à l’encontre de ce qui était pourtant le moteur premier de la modernité, l’expansion de la production, seule possibilité de modifier la condition humaine. Mais ce concept de vie n’est pas aussi évident qu’il paraît. Tout d’abord, pour un chrétien, avoir la vie en plénitude signifie qu’il y a un au-delà de l’existence biologique et que cette existence biologique elle-même se réfère à une plénitude humaine. Vivre, c’est plus que respirer, c’est participer d’un mystère qui nous dépasse et dont l’amour est le secret.

Mais voilà qui est devenu inconcevable dans un monde où Dieu s’est absenté. Qu’est-ce que cette vie sans horizon, sans épaisseur, et qui ne se conçoit qu’en termes sanitaires ? À tel point qu’elle s’associe désormais à une obsession euthanasique. Peut-être que certaines affirmations du Christ dans un tel contexte prennent une résonance inattendue : « Celui qui voudra sauver sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi et de la Bonne nouvelle la sauvera. » Les trois évangiles synoptiques reprennent la même affirmation et ils sont rejoints par saint Jean.

Alors, dans le combat actuel, il serait peut-être salutaire d’envisager la vie, certes en vue de la protéger mais aussi parce que la vie humaine et un prodigieux mystère, elle est plus que la vie, et la mort n’en est pas le dernier mot. Pour Thérèse de Lisieux, c’était même la véritable entrée dans la vraie Vie.

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