L’éditorial de Gérard Leclerc

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28 février 2018 : L’épiscopat à l’offensive

L'éditorial

La visite d’une vingtaine d’évêques au Salon de l’agriculture, lundi, a fait beaucoup moins de bruit que celle des leaders politiques, tous accueillis par une forêt de micros et de caméras. Oh ! S’il y avait eu menace de quelque bronca ou de quelques manifestations hostiles, il en eut été autrement ! Sans doute, les évêques ne désiraient-ils pas faire le spectacle. C’est en pasteurs soucieux de proximité avec le monde rural qu’ils sont venus, et ils n’ont pas été déçus, si je me rapporte au compte-rendu de Gauthier Vaillant dans La Croix. Tous les syndicats agricoles ont tenu à les recevoir, d’une façon plus que courtoise, chaleureuse. Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, qui est elle-même catholique pratiquante, a tenu à rappeler ce que la jeunesse agricole chrétienne avait apporté au syndicalisme agricole. Les vingt évêques venus Porte de Versailles connaissent bien, au demeurant, les difficultés d’une profession qui ne souffre pas seulement économiquement, mais moralement.

Cette initiative de la Conférence des évêques de France doit-elle se comprendre dans le cadre d’une sorte de stratégie pastorale plus offensive ? On peut en formuler l’hypothèse à la suite d’une autre initiative qui, celle-là, aura sans doute une résonance médiatique assez forte. Le 9 avril prochain, la Conférence recevra au Collège des Bernardins à Paris, le Président de la République et plusieurs centaines d’invités : ministres, parlementaires, personnalités du monde de l’entreprise, des médias et de la culture, ainsi que des représentants du monde catholique, sans oublier ceux des autres religions. L’équivalent du dîner du Crif pour la communauté juive, a-t-on pensé immédiatement. Pourquoi pas ? Il est bon que l’Église de France assume sa visibilité au centre des réalités, en faisant entendre son message sur les grandes questions du moment.

L’Église ne vit pas hors du monde, et elle doit le manifester d’une façon qui lui soit propre, tout en faisant un usage légitime d’une résonance médiatique. Mais la question ne se pose-t-elle pas pour l’annonce directe de l’Évangile ? Le grand prédicateur Billy Graham, qui vient de nous quitter, fut un étonnant modèle d’évangélisateur. Il trouvait dans les instruments techniques modernes de quoi faire retentir l’annonce de Jésus Christ. Il appartenait, certes, à une culture bien particulière, assez éloignée de la nôtre. Mais il y a beaucoup à retenir de son exemple de témoin exceptionnel de la Bonne Nouvelle.

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