L’éditorial de Gérard Leclerc

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Émission du 26 novembre 2018 : Un traumatisme national

L'éditorial

Quelles conclusions tirer de cette journée éprouvante de samedi, où les regards furent braqués sur la plus belle avenue du monde, devenue méconnaissable ? Pourtant le pouvoir avait signifié son refus : cette zone hautement symbolique, proche du palais présidentiel, était interdite. Mais cet interdit rendait encore plus impératif le désir de s’approprier les symboles et la proximité immédiate de l’autorité suprême. Les gilets jaunes voulaient un face-à-face et n’avaient nulle envie d’être cantonnés dans un Champ de Mars trop bien balisé et externalisé.

Mais pour quel résultat ? N’était-ce pas un spectacle plutôt pitoyable que celui donné sur les Champs Élysées, avec des casseurs, on a envie de dire professionnels, se substituant aux militants désarmés et souvent désarçonnés ? Comment réagir avec un minimum de cohérence à l’imprévu et à des gens qui n’en font qu’à leur tête, alors qu’il n’y a aucune organisation du mouvement, aucune colonne vertébrale, aucune autorité capable de diriger les choses ? Le principal risque d’un tel spectacle était la décrédibilisation et le discrédit porté sur une entreprise qui, pourtant, dispose d’un appui saisissant dans l’opinion publique.

Cela veut-il dire que les gilets jaunes sont condamnés à brève échéance et que leur mobilisation n’aura été qu’un bref feu de paille ? Le ministère de l’Intérieur ne cesse, chaque jour, d’insister sur l’amenuisement du nombre de manifestants, comme pour mieux décourager les irréductibles. Quoi qu’il en soit, les gilets jaunes ont créé un trouble qui s’inscrira durablement dans l’imaginaire social. Et de ce point de vue, les ravages des Champs Élysées illustreront ce qu’il y a de profondément traumatique dans la situation d’une grande partie du pays et qui ne peut que retentir dans la sphère d’un pouvoir forcément ébranlé, et même plus encore affecté par le désaveu de l’opinion. C’est la substance même de sa légitimité qui se trouve atteinte avec ses prétentions progressistes. Tous les regards se tournent vers Emmanuel Macron. Comment sauvera-t-il son quinquennat ? Quelle impulsion peut-il encore donner à son action pour dissiper ce terrible traumatisme ?

Commentaires

  1. Bonjour,
    Pour une fois TRES TRES Déçu.
    Il faut arrêter de ne faire que comme les autres médias et ne pas aller voir Sur place… sur les champs ce n’était pas que des casseurs comme vous l’avez ASSENE en cassant le mouvement de la majorité silencieuse qui s’exprime pour une fois…. Ce n’était pas que des casseurs mais des français qui n’en peuvent plus de donner de leur indigence toute l’année quand on ne leur prends pas directement du fond de leurs poches en leur laissant le juste minimum pour survivre !!!
    Oui il y avait des flammes sur les champs … mais si vous y étiez allé vous auriez vu que les barricades n’étaient que de quelques palettes, poubelles, et « barrières de protections des travaux qui ont lieux sur les champs en ce moment…
    Expression de ras le bol qui ont lieux régulièrement dans les banlieue et aussi non entendues mais il est vrai que pour le savoir et ce que les gens vivent. Il faut y être ou au moins y aller de temps en temps pour s’ouvrir les yeux…
    alors oui, des casseurs en fin de manif il y en a toujours quand ce n’est pas de la provocation organisée pour faire de belle images qui alimentent vos commentaires fallacieux et en tout cas suffisamment « mal » informé ou « bien »…. selon le cas et si vous êtes dérangé de voir la colère de ceux qui se voient voler le partage qu’il attendent et espère depuis maintenant trop longtemps et plus de 2 générations… essayer de comprendre.. sinon ne soyez pas surpris de voir une VRAI casse… venir… mais pas forcément que gentillette avec les jeunes bobos de 68 qui avaient eux encore de l’espoir… plutot 89…
    Désolé mais arrêtez de faire le jeux des autres média et des ghosn en puissance entre autres qui organisent notre prochain esclavagisme.
    Je vous pardonne pour cette fois et prie pour vous aussi et vous ouvrir les yeux si vous fermez votre télé et sortez au moins pour voir ce dont vous allez parler dans votre prochain billet. Mais je comprends les feux de poubelles c’est toutes les semaines dans les banlieux que vous ne connaissez pas donc vous n’en avez pas l’habitude et ça surprends.. vous avez aussi oublier de dire comme eux … que ça va être dure de payer le remplacement de 3 poubelles, 2 palettes, et de remettre les pavés… les dits pavés qui étaient déjà retirés par les travaux en cours… vous saviez cause des barrières de protection aussi sur place. PS Si ils avaient, toute la journée, voulus dépaver les champs, facilité par les travaux, ce ne seraient plus les champs aujourd’hui mais les plages de la colère… et pour de bon cette fois..
    respectez au moins la majorité silencieuse qui vous fait surement..bien vivre… encore…

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