L’éditorial de Gérard Leclerc

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Émission du 26 septembre 2018 : Les paramètres du Comité d’éthique

L'éditorial

Il fallait s’attendre, malheureusement, à la décision du Comité consultatif national d’éthique qui aboutit, notamment, à l’approbation de la procréation médicalement assistée pour les couples de femmes et les femmes seules. Le président Jean-François Delfraissy a pu parler à ce propos d’assentiment majoritaire au sein des quarante membres du Comité. Sur quoi se fonde un tel assentiment ? J’ai retenu une formule caractéristique du même Delfraissy. Il a plaidé, en effet, en faveur « d’une loi de confiance dans l’individu sur les grandes avancées des sciences plutôt qu’une loi d’interdiction ». Le paramètre essentiel invoqué mérite une sérieuse analyse. Les avancées des sciences comme repère principal d’une législation sur des sujets à si forte densité humaine, cela a de quoi faire frémir. C’est une sorte de rationalisme technicien qui commanderait donc toute réflexion dans ce domaine ?

Je crains fort que ce soit une confirmation de la thèse de Jean-Claude Michéa qui parle de « neutralité axiologique » [1] dans la conduite des affaires humaines qui consone avec une politique des choses, familière à une certaine conception libérale qui se veut « progressiste ». Nous retrouvons d’ailleurs là une autre question fréquemment soulevée à propos d’un modèle cybernétique qui s’imposerait à la société entière. La possibilité ouverte à la plus large expérimentation sur l’embryon entre aussi dans ce système qui ne connaît « aucune limite morale ou naturelle ».

On est en droit de mettre les pouvoirs exécutifs et législatifs devant leurs responsabilités : est-ce bien là votre philosophie ? Vos paramètres consistent-ils principalement dans l’individualisme radical, le refus de toute limite, le culte de la science et de l’innovation technologique, au détriment des repères fondamentaux de l’anthropologie ? On objectera que le Comité semble n’avoir pas cédé encore à propos de la gestation pour autrui et de l’euthanasie. Sans doute, mais de transgression en transgression, on peut s’interroger sur la solidité des digues qui s’opposeront à une évolution fatale.

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