L’éditorial de Gérard Leclerc

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Émission du 21 février 2019 : La dimension du péché

L'éditorial

En décidant d’une rencontre au sommet pour prendre des mesures à l’encontre des atteintes sexuelles au mineurs dans l’Église, le Pape François a bien précisé qu’il s’agissait d’une réunion de pasteurs et non de simples responsables d’une institution. Certes, il ne peut s’agir d’un échange de bonnes paroles. Il faudra prendre des mesures efficaces et notamment entraîner toutes les Églises particulières qui n’ont pas encore pris suffisamment conscience du fléau. Mais de la part de l’Église, instrument du Salut, comment exclure la conscience du péché, celle de la mort de l’âme dans pareille tragédie ? Il y a les exigences de la vérité et de la justice qui sont de l’ordre de l’existence sociale. Désormais, il n’est plus question de s’y dérober. Les ministres du culte et les évêques sont des justiciables comme les autres. Ils doivent répondre de leurs actes comme tous les citoyens.

Mais il y a une dimension qui appartient en propre à l’Église, c’est celle de la responsabilité devant Dieu. Et c’est celle du péché comme atteinte à la relation de l’humanité avec le Dieu créateur et rédempteur. Or, cette conscience du péché s’est considérablement obscurcie dans le monde actuel. Bernanos le dénonçait dans une de ses formules dont il avait le secret : « On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. »

Toute son œuvre à lui, Bernanos, est précisément un immense effort pour forcer cette entrée dans la vie intérieure, tout spécialement sous l’angle du péché. Qu’on lise son chef d’œuvre, Monsieur Ouine et on se retrouvera face aux réalités infernales qui détruisent notre humanité et nous précipitent dans le dégoût. Pascal, bien avant lui, avait analysé avec une lucidité supérieure cette misère de l’homme. Un homme qui réside dans l’entre-deux du bonheur promis et de la faute qui l’accable : « Malheureux que nous sommes… nous avons une idée du bonheur et ne pouvons y arriver, nous possédons une image de la vérité et ne possédons que le mensonge. » À Rome, reviendra-t-on à cette catéchèse élémentaire ?

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