L’éditorial de Gérard Leclerc

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Émission du 21 janvier: Sur le procès Preynat

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Source Images: _CSC0114.JPG (Av: F9.0; Tv: 1/160 sec.; ISO: 250; FL: 24.0 mm) Processing: Fusion 2.2.1 (HDR; Mode 1)Le palais de justice de Lyon, au dessus, Notre-Dame de Fourvière. CC by-sa : Christian Belzunce

Je manquerais à mon devoir si je n’abordais pas le procès Preynat, qui s’est déroulé la semaine dernière à Lyon. À plusieurs reprises, j’ai traité de cette affaire, notamment à propos du cardinal Barbarin, qui se trouvait chargé de la responsabilité entière d’un drame qui s’était produit avant qu’il ne devienne archevêque de la ville de saint Irénée. En un mot : il fallait que ce procès ait lieu pour que la justice reçoive enfin les aveux du coupable qu’est bien Bernard Preynat. Sans aucun doute, l’institution ecclésiale a été défaillante pour l’empêcher de nuire, mais il y a d’abord le cas singulier d’un homme, qui a lui-même été abusé dans son enfance, ce qui explique en partie sa terrible addiction, et s’est rendu coupable d’une entreprise monstrueuse d’atteinte à l’enfance. Un avocat de la partie civile a pu parler d’une « industrie pour satisfaire ses besoins sexuels sur des enfants pendant vingt-cinq ans ». Circonstance aggravante, il a utilisé l’Église et sa fonction d’aumônier et de chef de troupe scout pour parvenir à ses fins.

Ce qui stupéfie, c’est aussi le nombre de jeunes victimes, même s’il n’est pas possible d’en établir le compte exact. On se demande comment a pu durer si longtemps une telle entreprise perverse. Comment les supérieurs immédiats de Bernard Preynat et aussi toutes les familles des enfants n’ont-ils pas réagi sur le moment ? Il est vrai que nous jugeons l’affaire avec la distance que n’avaient pas les intéressés. Nous sommes aujourd’hui avertis de la gravité des pratiques de pédophilie. Il existe aujourd’hui toute une jurisprudence dont on ne disposait pas il y a trente, quarante ans et plus. La psychiatrie et la psychanalyse ont totalement reconsidéré un domaine qui ne bénéficiait pas de la vigilance actuelle.

C’est que la société a changé et l’Église aussi, pour reprendre les propos du cardinal Barbarin. Car il n’y a pas que l’Église qui soit en cause. Toutes les institutions ont défailli pour prévenir le fléau et sanctionner les coupables. Il est vrai aussi que la responsabilité ecclésiale est d’un ordre spécifique et que l’on est tenté de se concentrer sur elle. Si l’Église en son personnel a si gravement défailli, alors qu’elle aurait dû donner l’exemple à la société entière, c’est qu’un rude examen s’impose. Il est d’ailleurs commencé. Puisse-t-il être suffisamment exemplaire pour permettre à toutes les autres institutions d’entrer dans un processus de correction et de délivrance.

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