L’éditorial de Gérard Leclerc

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Émission du 21 janvier 2019 : Essentielle Marche pour la vie

L'éditorial

La Marche pour la vie, qui s’est déroulée hier, a montré une fois de plus que sa cause, loin d’être obsolète, comme le proclament les habiles et les pseudo-modernes, est essentielle pour la sauvegarde de notre humanité. Déjà, elle s’inscrit dans l’actualité politique et l’agenda du gouvernement et du parlement qui prévoit de réexaminer et même de refonder les lois sur la bioéthique. Il est possible d’ailleurs qu’Emmanuel Macron, à l’inverse des partisans pressés qui l’entourent n’ait pas envie de déclencher trop vite une nouvelle crise nationale de l’ampleur du mariage homosexuel, à l’heure où il maîtrise si péniblement la crise des Gilets jaunes.

Cela n’empêche pas lesdits partisans de proclamer très haut leurs projets et la philosophie qui les inspire. Jean-Louis Touraine n’annonce-t-il pas « une procréation sans sexe pour tous ». Expression qui a fait réagir Eugénie Bastié du Figaro, qui l’a qualifiée d’affligeante et de glaçante, en renvoyant à une citation de Michel Houellebecq dans son dernier roman, Sérotonine : « Je savais bien que si par malheur l’humanité occidentale en venait à séparer effectivement la procréation du sexe (comme le projet lui en venait parfois) elle condamnerait du même coup non seulement la procréation, mais également le sexe, et se condamnerait elle-même par un identique mouvement, cela les catholiques identitaires l’avaient bien senti… »

Nous ne sommes pas seulement face à la requête « de nouveau droits », nous sommes confrontés à un défi décisif de civilisation, qui a tout à voir avec ce qu’on pourrait appeler l’écologie humaine. Une écologie détruite par l’agression de la technique au même rythme que l’anthropologie est détruite par une pensée devenue folle. Je me permets, à ce propos, de renvoyer à un des ouvrages les plus importants parus ces derniers mois, La philosophie devenue folle. Le genre, l’animal et la mort de Jean-François Braunstein (Grasset). Son étude des courants de la philosophie américaine dont nous sommes tributaires, avec leurs conséquences législatives, est littéralement terrifiante. Oui, plus que jamais, devant de tels défis contemporains, il faut marcher pour la vie. Marcher pour la vie, c’est marcher pour notre humanité.

Commentaires

  1. Bonjour,
    Je suis bien sûr totalement d’accord avec l’analyse, comme toujours très pertinente, de Gérard Leclerc. Je voudrais ici attirer votre attention sur 2 interventions: a) Yves Cochet, ancien ministre, ancien député, président du laboratoire Momentum dans un récent numéro de L’Obs: « Renversons notre politique d’incitation à la natalité ». « Il faut inverser la logique des allocations familiales. Plus vous avez d’enfants, plus vos allocations diminuent jusqu’à disparaître à partir de la 3ème naissance. Je ne vise pas les pays les plus pauvres, qui font plus d’enfants que les autres. Au contraire. Les pays riches sont les premiers à devoir décroître démographiquement. Ce sont eux qui ont le mode de vie le plus polluant. Par ailleurs, limiter nos naissances nous permettrait de mieux accueillir les migrants qui frappent à notre porte ». b) lundi 21 janvier 2019, la journaliste Sophie Aram sur France Inter a donc décidé – c’est tellement facile – d’étriller la Marche pour la vie. Avec un paresseux name-dropping éculé où « les actes pédophiles au sein de l’Église » (forcément) voisinent avec les « aiguilles à tricoter » (bien sûr). Sophia Aram explique qu’elle a passé un « dimanche pourri » : « Paris était tout plein de familles toutes joyeuses qui sautillaient partout », « des enfants bien peignés accompagnés de leur maman et de de leur papa » – à son ton, on comprend que c’est mal – et qui « gambadaient en bêlant dans la grisaille de cet hiver 2019 qui n’aura jamais autant fait pour les déambulations vindicatives dans les rues de la capitale ». On imagine qu’elle fait, ici, allusion aux gilets jaunes. Et elle explose : « Ça vous dirait pas, d’aller promener vos chiards » ailleurs, « mais pas à Paris ? » « Sérieusement, tomber sur tous ces nez qui coulent dans les cache-cols en laine bouillie ? » (Extrait d’un commentaire de Gabriel Cluzel, écrivain et journaliste.

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