L’éditorial de Gérard Leclerc

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20/11/2019 : La révolte de Hong Kong

L'éditorial

CC by : Studio Incendo

Depuis plusieurs mois, la situation est plus que tendue entre le gouvernement communiste chinois et la population de Hong Kong. On est passé ces jours derniers tout près d’un drame avec le siège de l’université polytechnique où des centaines d’étudiants étaient retranchés. Dans ce contexte, la position de l’Église s’avère difficile.

Le 30e anniversaire de la chute du Mur de Berlin ne saurait nous faire oublier que le système communiste n’a pas encore disparu de la planète. Sans doute, là où il subsiste, en Chine d’abord, il s’est profondément transformé avec l’ouverture spectaculaire de l’économie aux processus de la mondialisation et l’essor étonnant qui s’en est suivi. Les équilibres internationaux ont eux-mêmes subi cette mutation, avec la lutte commerciale qui oppose Donald Trump à Xi Jinping. Mais le pouvoir totalitaire d’un parti communiste omniprésent demeure inentamé. On s’en aperçoit, depuis plusieurs mois, en présence des événements de Hong Kong qui se sont soldés, ces derniers jours, par un affrontement direct dont on espère qu’il ne tournera pas au drame.

Bras de fer à Hong Kong

On sait le statut spécial de Hong Kong, du fait de l’histoire, mais celui-ci reste problématique. Un bras de fer est engagé entre le pouvoir et la population qui n’est pas disposée à abdiquer ses libertés. Mais on peut craindre de la part de Xi Jinping et des dirigeants chinois un recours à la force la plus brutale, dès lors que pour eux « le rétablissement de l’ordre est la tâche la plus urgente ». Même si le siège de l’université polytechnique se dénoue sans trop de dégâts, l’ancienne colonie britannique ne sortira pas de sa crise profonde.

Le poids des chrétiens

L’hebdomadaire L’Express de cette semaine souligne le rôle important des chrétiens dans la contestation. Ils représentent 10 % de la population de la cité, mais leur puissance d’action est bien supérieure à leur poids démographique. Il y a pour eux, dans les circonstances actuelles, une difficulté particulière, du fait de l’accord que le Saint-Siège a signé avec le gouvernement pour normaliser, en quelque sorte, la situation de l’Église en Chine. Cet accord suscite des oppositions, notamment celle du cardinal Joseph Zen, ancien archevêque de Hong Kong, qui exprime ouvertement ses craintes. Le Saint-Siège se garde bien de prendre position sur la situation à Hong Kong afin de ne pas compromettre cet accord qu’il a difficilement négocié. N’en revient-on pas à l’Ostpolitik pratiquée sous Paul VI par le cardinal Casaroli, avant que Jean-Paul II ne change complètement la donne ? La situation à Hong Kong ne risque-t-elle pas de rompre le plus fragile des équilibres ?

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