L’éditorial de Gérard Leclerc

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Émission du 19 décembre 2018 : La révolution des réseaux sociaux

L'éditorial

 

Il faudra un certain temps pour prendre la mesure des phénomènes que nous vivons en ce moment, car il n’est pas excessif d’affirmer qu’ils sont significatifs d’un changement d’époque. Et le premier marqueur de ce changement se rapporte au rôle des réseaux sociaux, sans lequel il n’y aurait pas eu la révolte des gilets jaunes. Le défi est redoutable pour l’autorité publique qui se trouve défiée, au point même de céder à une certaine panique. Les mouvements d’opinion peuvent être violents et imprévisibles, sans qu’on ait les moyens de parer aux tempêtes qu’ils provoquent. Les médias traditionnels, et même les modernes comme la télévision sont eux-mêles assujettis à ces mouvements. C’est pourquoi leur attitude a changé. Un universitaire américain, Yascha Mounk, spécialiste de cette mutation, explique ainsi au [Figaro] : « Il y a vingt ans, les rédacteurs en chef surveillaient les dépêches d’agences de presse, décidaient de ce qui était important et donnaient ainsi le ton au débat national. Maintenant, ils regardent ce que les gens disent sur Twitter, puis demandent à leurs journalistes de réaliser des articles et des reportages qui reflètent ces conversations. Il sont passés du rôle de créateurs d’agenda à celui de chasseurs de tendances. »
Mais il n’y a pas que l’État à subir cette révolution et ses effets chaotiques. Une institution comme l’Église catholique est aussi aux prises avec des défis qui lui imposent une communication de crise, qu’elle ne connaissait pas auparavant. Certes, autour du concile Vatican II, elle a connu une première offensive qui l’amenait à se confronter à un concile des médias qui prenait la place du concile des évêques dans l’opinion. Mais l’évolution qui s’est poursuivie l’amène à se défendre aussi des offensives lancées par les réseaux sociaux et répercutés par les médias. Il y a danger pour l’institution d’être happée par des sollicitations qui risquent de lui faire oublier sa nature propre. Ainsi que le rappelait récemment Pierre Manent, cette nature propre se rapporte principalement aux sacrements qui définissent sa mission et sa vocation originelle. Certes, il ne lui est pas interdit de faire appel à des experts extérieurs, mais elle a les moyens singuliers de sa propre expertise qui se rapporte au Salut du monde.

Commentaires

  1. Bonjour,
    Je viens d’écouter votre chronique du jour avec intérêt. Vous y évoquez un universitaire américain dont je ne retrouve pas la trace. Pourriez-vous me préciser son nom et la référence de l’article du Figaro qui relate son point de vue?
    Merci mille fois.
    Bonne journée
    GdR

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