L’éditorial de Gérard Leclerc

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16 septembre 2020 : Rimbaud et Verlaine

L'éditorial

© danae123 / Pixabay

Dans l’actualité, bien sûr, il convient l’établir une hiérarchie de l’importance des sujets, des événements, des controverses. Il y a des questions majeures qui devraient mobiliser nos attentions. Au détriment d’autres qui sont non seulement mineures mais légères ou anecdotiques. J’ai donc presque honte de dire un mot aujourd’hui de la proposition qui a été faite d’introduire au Panthéon les dépouilles mortelles de Paul Verlaine et d’Arthur Rimbaud. Notre ministre de la culture, Roselyne Bachelot, s’est empressée de soutenir l’initiative avec enthousiasme. Ce n’est pas une raison, à mon sens, pour considérer qu’elle constituerait un geste significatif au service de la littérature française.

Les intéressés n’ont pas besoin de cela pour bénéficier dans le ciel littéraire d’une gloire que personne ne discutera, même si le poète du Bateau ivre est d’une dimension supérieure. Sans doute, y a-t-il dans la crypte du Panthéon des sépultures d’écrivains majeurs, mais ce n’est pas seulement en raison de leur œuvre mais de la portée civique que la République leur reconnaît et dont elle s’honore. Je ne parviens pas à distinguer cette portée civique chez nos deux poètes. Je vois bien, en revanche, quelle autre signification voudraient promouvoir ceux qui militent en faveur de la panthéonisation. Mais transformer les deux compagnons de la fugue bruxelloise tragiquement conclue en symboles de l’homosexualité est plus que discutable.

Il est vrai que depuis que l’église Sainte-Geneviève de Soufflot a été transformée en temple laïque, on peut discuter à l’infini de sa signification métaphysique. Et mon cher Philippe Muray pourrait déclencher un fameux feu d’artifice sur la relation du jeune homme de Charleville à la sacralité de cette crypte désaffectée.

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