L’éditorial de Gérard Leclerc

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Émission du 16 septembre 2019 : Justice et politique

L'éditorial

Ces jours-ci, et ce sera vrai aussi les prochains jours, la justice domine l’actualité. Elle domine même le champ politique, les hommes et les femmes investis de responsabilités dans la cité étant les justiciables vedettes du moment. Toutes les familles politique sont touchées. Cela va du président de l’Assemblée nationale, le quatrième personnage de l’État à Jean-Marie Le Pen doyen de la classe, en passant par François Bayrou, Patrick Balkany ou Jean-Luc Mélenchon. Les motifs des rendez-vous avec les juges sont très divers, et il est sans doute un peu périlleux de tirer trop vite, à ce propos, des leçons définitives des rapports entre les différents pouvoirs. Mais on doit constater qu’il y a une polémique à ce propos, qui peut atteindre certains sommets de virulence. On a entendu un peu partout le réquisitoire de Jean-Luc Mélenchon.

Quelle justice ? clame-t-il dans Le Journal du dimanche« Il s’agit de guerre politique. Le but est de nous nuire le plus longtemps possible. Le feuilleton dure depuis un an : des dénonciations venant de personnalités perturbées, des fuites de presse organisées, des perquisitions, des auditions en pleine campagne des européennes… C’est une mise en scène qui précède un meurtre politique. » Un meurtre politique, pas moins ! On dira sans doute que Jean-Luc Mélenchon est coutumier de ce genre d’éclat et que cela fait partie de sa stratégie et de ses procédés tactiques. Peut-être. Il n’en reste pas moins qu’il n’est pas douteux que dans son cas c’est le judiciaire qui est maître du sort du politique. Maître Dupont-Moretti, qui est pourtant l’adversaire de Mélenchon dans son affaire, ne tient pas un langage tellement différent lorsqu’il accuse le même pouvoir judiciaire d’avoir tenu en main le sort de la dernière élection présidentielle en disqualifiant François Fillon.

Dupont-Moretti a d’autres griefs à faire valoir à propos d’une mutation de l’institution judiciaire, qui fait fi de certaines règles traditionnelles encadrant la fonction des magistrats. Je prendrais bien garde d’asséner ma propre appréciation au sein d’une telle polémique. Simplement, elle n’est pas de circonstance, dans la mesure où elle met en cause des équilibres fondamentaux. Ainsi que le rôle du judiciaire que Montesquieu qualifiait de plus terrible des pouvoirs, en raison de sa dignité et de son importance. Nulle société ne peut se passer de justice.

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