L’éditorial de Gérard Leclerc

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16 avril 2018 : Emmanuel Macron, un an après

L'éditorial

Au terme d’une première année de quinquennat, le président de la république tenait, hier soir, à s’expliquer sur son bilan et les grandes lignes de son action. À cette fin, il avait choisi de répondre à deux journalistes considérés comme plutôt pugnaces et non complaisants à l’égard de leurs interlocuteurs. Jean-Jacques Bourdin s’est acquis une solide réputation dans un exercice, pour lui, quotidien. Quant à Edwy Plenel, il se distingue par un militantisme jamais renié depuis sa jeunesse trotskiste. On a gardé le souvenir de la façon dont il a dirigé la rédaction du journal Le Monde, non sans talent mais jamais sans se départir d’un esprit de combat, souvent partisan. Choisir ces deux gaillards – qu’on me pardonne ce langage – c’était prendre quelques risques, mais c’était aussi faire le pari, pour Emmanuel Macron, qu’il serait suffisamment brillant et coriace pour remporter l’épreuve.

Il me semble, sans vouloir me montrer unilatéralement favorable, que le président a gagné son pari. Il l’a gagné par son brio mais surtout par la précision de ses réponses et le sentiment qu’il donnait de n’esquiver aucune difficulté. Pas un des sujets abordés n’était mineur, mais l’urgence imposait de commencer, par ordre d’importance, avec l’action menée par l’armée française en Syrie, aux côtés des Américains et des Britanniques. Sur ce sujet grave et même dramatique, tous les mots comptaient : « La France n’a pas déclaré la guerre au régime de Bachar al-Assad. Nous avons œuvré pour que le droit international ne soit pas violé, ainsi que les résolutions de l’ONU. » Emmanuel Macron expliquait sa ligne diplomatique, qui n’était celle ni du cynisme, ni de l’aventurisme. L’objection d’une initiative prise en dehors d’une décision des Nations unies était habilement écartée tandis qu’une orientation diplomatique était indiquée, qui n’ignorait aucun des acteurs de terrain.

Ceci dit, Emmanuel Macron n’aura pas convaincu ses adversaires et notamment ceux qui ont vivement critiqué cette frappe militaire. Il n’a pas désarmé non plus ceux qui contestent l’ensemble de sa politique et les différentes réformes engagées. Quoi qu’on en pense, les uns et les autres peuvent au moins se déterminer en fonction de propos parfaitement clairs et d’orientations bien définies. À chacun de prendre ses responsabilités.

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