L’éditorial de Gérard Leclerc

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14 mars 2018 : Un pape christocentrique

L'éditorial

Cinquième anniversaire du pontificat de François ! Cela nous vaut une avalanche de commentaires que je ne puis dédaigner, d’autant que j’y participe pour ma part. C’est vrai qu’il y a beaucoup à dire et beaucoup d’énigmes à dénouer. Ce pape venu d’un autre monde peut nous déconcerter souvent, et il n’y a pas à le regretter. Il nous enfonce dans la tête ce dont j’étais persuadé depuis longtemps, sans que j’en accepte vraiment toutes les conséquences : notre Église catholique a cessé d’être européo-centrée. Elle est devenue vraiment catholique, c’est-à-dire universelle, présente sur toute la terre. François nous en fait prendre conscience, non seulement par ses origines latino-américaines, mais aussi par ses voyages qui lui font visiter des pays très loin de nos mentalités et de nos mœurs.

Cependant, si avec lui l’Église n’est plus européo-centrée, elle est toujours, si j’ose dire, christo-centrée. Et c’est quand même le point de repère essentiel. Je relève son dernier tweet, dans sa formulation lapidaire, comme il se doit : « Vivre la rencontre avec Jésus est s’ouvrir au bouleversement quotidien de la grâce. » Qu’ajouter à cette formule, sauf à se perdre dans une dissertation inutile ? Il y a de quoi méditer une journée entière. Si François nous incite à cette rencontre, c’est qu’il la vit intimement et que son premier témoignage est celui de la prière. Un de ses proches nous confie que les premières et les dernières heures de son existence quotidienne sont vouées à la prière personnelle. On le croit volontiers. Comme ses prédécesseurs, il nous montre l’exemple et ne cesse de nous inviter à entrer en nous-mêmes pour goûter cette intimité avec le maître intérieur dont parle saint Augustin.

Je suis aussi frappé par son attention toute particulière à la religion populaire, qui n’a pas toujours eu bonne presse chez nous et que le frère Serge Bonnet a défendue, en son temps, avec la dernière énergie. Voilà qui va de pair avec sa dévotion mariale, sans cesse réaffirmée et qui vient de connaître une nouvelle illustration avec l’instauration d’une fête de la Mère de l’Église le lundi de Pentecôte. C’est son prédécesseur, le bienheureux Paul VI qui avait tenu à faire acclamer par le concile Vatican II Marie Mère de l’Église, tout comme le concile d’Éphèse en 431 avait acclamé Marie Théotokos, la Mère de Dieu. Nous sommes bien dans le fil d’une même glorieuse tradition.

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