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14 février 2017 : Sommes-nous des animaux comme les autres ?

14.02.17
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14 février 2017 : Sommes-nous des animaux comme les autres ?

Le point de vue 07h05

Parmi les sujets débattus durant cette campagne présidentielle, les défenseurs des animaux s’indignent que leur cause ne bénéfice pas de toute l’attention souhaitable. Pourtant, les programmes des différents candidats font tous mention du sujet, Yannick Jadot le candidat écologiste en tête, bien sûr. Mais même Marine Le Pen inscrit la protection animale parmi ses 144 propositions. Ce n’est pas suffisant aux yeux de tous ceux qui voudraient qu’on aille beaucoup plus loin, car ils estiment qu’il y a un véritable scandale de la souffrance des animaux. On est près à les suivre, lorsqu’ils mettent en avant les procédés inadmissibles employés dans certains abattoirs et même dans certaines unités de production agricole. Cependant, il y a une dimension philosophique qui est liée nécessairement au combat des défenseurs des animaux.

Le langage employé est souvent celui qui concerne les droits de l’homme. On va jusqu’à parler de discrimination, ce qui revient à nier la spécificité évidente de l’être humain. Comme l’écrit Jean-Claude Michéa dans son dernier essai [1], « on s’expose ainsi, tôt ou tard, à valider l’idée que l’homme n’est, au fond, qu’un animal comme les autres ». Ce qui est non seulement déraisonnable mais aussi dangereux. Il n’est pas sûr du tout d’ailleurs que cette humanisation des animaux soit une bonne chose pour nos amies les bêtes. L’anthropomorphisme nous joue des tours. Il vaudrait peut-être mieux, suggère Michéa, de nous inspirer de certains traits des sagesses orientales ou de la culture traditionnelle des Amérindiens. Cela nous ferait mieux comprendre la condition de nos frères animaux dans leur diversité considérable.

Il faut sans doute se féliciter de cette nouvelle sensibilité qui est à mettre au crédit d’un progrès moral. Mais on s’interroge en même temps sur l’absence de sensibilité qui concerne par exemple des pratiques eugéniques, qui font disparaître des catégories entières d’humains, jugés inaptes à vivre parmi nous, lorsqu’ils ne sont pas considérés comme insupportables. Mais qui est prêt aujourd’hui à poser cette question, pour le coup, vraiment dérangeante ?

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