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Émission du 13 novembre 2018 : Les démons anciens ressurgissent-ils ?

13.11.18
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Émission du 13 novembre 2018 : Les démons anciens ressurgissent-ils ?

Le point de vue 06h03

Une discussion est née des deux discours d’Emmanuel Macron, le 11 novembre. J’y ai fait allusion hier, mais l’objet du désaccord semble prendre de plus en plus d’importance, notamment avec la prise de position de deux éditoriaux de ces deux quotidiens de référence que sont Le Figaro et Le Monde. L’éditorialiste anonyme du Monde se félicite hautement que le président ait déclaré que : « Les démons anciens ressurgissent » avec le retour des « passions tristes » que sont le nationalisme et le racisme. Ces démons sont-ils bien identifiés ? On se pose légitimement la question avec la référence réitérée aux années Trente, dont il faut quand même se souvenir qu’elles ont été marquées par l’arrivée au pouvoir d’un certain Adolf Hitler.

De son côté, Guillaume Tabard, dans Le Figaro, nuance. Il pense que, dimanche, le président a soigneusement affiné et précisé sa pensée, en désignant d’autres menaces qui pèsent sur nous : le défi climatique, la crise migratoire, la menace terroriste ou la cyber-criminalité. De plus, Emmanuel Macron a fait allusion aux « idéologies nouvelles qui manipulent des religions et répandent un obscurantisme contagieux ». Voilà, de fait, des précisions capitales qui changent complètement le fond du tableau et affaiblissent singulièrement le schéma binaire d’un affrontement entre nationalistes et progressistes.

Il est vrai que sur ce dernier point, Le Monde se félicite que le président ait substitué le terme de patriotisme, qui se définirait à l’encontre du nationalisme, à celui de progressisme trop mal défini, qu’il avait brandi jusqu’ici. Il n’empêche que l’opposition binaire subsiste en partie, même si elle ouvre à des éclaircissements précieux. La campagne électorale européenne sera-t-elle infléchie dans un sens moins primaire, comme le souhaite Guillaume Tabard ? Il est trop tôt encore pour l’affirmer. Mais il y a fort à parier, que dans les mois qui viennent, les arguments vont devoir s’affuter, face à la contradiction qui ne manquera pas de s’exprimer. Elle s’exprime déjà. Quelle sera l’identité exacte des deux camps qui vont s’affronter – deux camps pour simplifier les chose ? Aurons nous vraiment affaire au combat entre les représentants des démons anciens et leurs adversaires éclairés ? Ou des progrès décisifs seront-ils accomplis pour approfondir notre lucidité civique ?

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