L’éditorial

Podcasts

12 avril 2021 : Retour sur l’examen de la loi Falorni sur « l’assistance médicalisée à mourir ».

edito

C’est donc entre la fête de la Résurrection, et hier premier dimanche après Pâques, fête de la Divine miséricorde, qu’a tourné court l’adoption de la loi « visant à affirmer le libre choix de la fin de vie ».

Sur dix articles, seul le premier a été discuté, réécrit et voté. Il prévoit qu’« une assistance médicalisée à mourir peut être demandée par toute personne capable et majeure ».

Les premiers arguments de leurs auteurs prétendent pallier les limites de la loi Clayes-Leonetti. La prohibition de l’acharnement thérapeutique n’est pas partout respectée. Malgré l’extension des soins palliatifs, des disparités persistent. La sédation profonde n’est envisagée qu’à quelques jours du décès prévisible.

Les trois arguments suivants sont spécieux. Des pays comme le Canada et la Belgique ont légalisé l’euthanasie. C’est la preuve, disent les auteurs de la loi, « que nous devons nous inscrire dans cette démarche ». Motif étrange. Ils se défendent d’inciter à l’euthanasie, ils veulent l’encadrer. Ultime argument : 95 % des Français seraient favorables à sa légalisation. On connaît le mot de Churchill : « Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées. » A ce compte-là, faut-il satisfaire les 55% de Français qui veulent le rétablissement de la peine de mort ?

La majorité de l’Assemblée paraît insensible à l’enjeu anthropologique du débat. C’est navrant. Ce qui est heureux, en revanche, c’est la résistance au marketing compassionnel de certains députés qui se font une autre idée du progrès. Je songe à Pierre Dharéville, communiste, qui déplore là « une rupture éthique ». Je songe à Liliane Tanguy, députée République en Marche : « En conscience, en tant que législateur, dit-elle, je n’assume pas de donner la permission à autrui de donner la mort. » Je songe à Typhanie Degois, députée République en Marche  : « Est-ce une liberté d’enfermer une personne dans la solitude de sa décision au nom d’une illusoire autonomie souveraine ? Chacun de nos choix personnels a une dimension collective. A mon sens, ce n’est pas le rôle du Parlement ni de l’Etat de traiter des bonheurs et des souffrances inhérents à toute vie. »

En déclarant l’autre jour qu’« Une société qui légalise l’euthanasie perd tout droit au respect », Michel Houellebecq ne dit pas autre chose. A faire approuver mille et un nouveaux droits, souvent contradictoires, cette société-là se replie si lâchement sur la loi qu’elle finit par tout déconsidérer : et l’humanité de l’homme, et la loi que se donnent les hommes.

 

 

 

 

 

 

 

 

Commentaires

  1. Notre cher ami éditorialiste Gérard Leclerc a été victime, samedi dernier, d’un très violent incendie. Son pavillon de famille a été complètement détruit. Gérard et sa femme qui étaient dans la maison sont saufs, mais Gérard a une cheville brisée et ses mains brulées.
    La commune de Joinville a mis en ligne une cagnotte solidaire pour aider d’une manière immédiate la famille de Gérard.
    Voici le lien pour la cagnotte :
    https://www.leetchi.com/c/soutien-famille-joinvillaise
    Je demande à tous ses amis d’y contribuer.

  2. @ Michel de Guibert
    merci, Monsieur, de nous donner des nouvelles de notre très cher éditorialiste, même si ces nouvelles sont bien mauvaises. La présence ce matin de Ph. Delaroche était à la fois réjouissante, et inquiétante, car elle suggérait que quelque chose de grave était arrivé. Voulez-vous assurer G. Leclerc de notre attachement, et de nos prières. Merci

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *