L’éditorial de Gérard Leclerc

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12 février 2018 : Miracle à Lourdes

L'éditorial

Mgr Jacques Benoît-Gonin, évêque de Beauvais, vient de reconnaître le caractère « prodigieux-miraculeux » de la guérison de sœur Bernadette Moriau, une religieuse de son diocèse. Celle-ci souffrait d’une grave maladie qui l’empêchait pratiquement de marcher. Le miracle est intervenu le 11 juillet 2008 par l’intercession de Notre-Dame de Lourdes et de sainte Bernadette. Il a donc été reconnu officiellement par l’Église hier 11 février, en la fête de Notre-Dame de Lourdes. L’information a été reprise par la presse, toujours un peu intriguée par cette notion de miracle qui provoqua tant de controverses entre rationalistes et chrétiens.

Si l’on se réfère, encore aujourd’hui, au dictionnaire, on perçoit un écho d’une discussion qui a toute chance de se prolonger indéfiniment : « Les historiens, lit-on par exemple sur Wikipédia, qui se situent du côté de la science, réfutent le concept de surnaturel pour expliquer quelque événement que ce soit. Leur approche est celle que définit Ernest Renan : “C’est au nom d’une constante expérience que nous bannissons le miracle de l’histoire.” » Sans vouloir entrer dans une analyse ciblée de ce genre de proposition, on ne peut s’empêcher de penser qu’en vertu d’un tel principe, les Évangiles sont rigoureusement illisibles. C’est d’ailleurs pour quoi certains intellectuels les récusent. L’un d’entre eux expliquait naguère qu’il s’intéressait aux épitres des Paul parce que, contrairement aux récits des évangélistes, il n’y était pas question de miracle. On peut y voir une sorte d’orgueil intellectuel, méprisant pour un genre littéraire populaire privilégiant le merveilleux.

Désolé, mais le Christ a passé les années de sa prédication à opérer des miracles. Les foules le suivaient à cause de cela et reconnaissaient en lui la puissance de Dieu. Celui qui a pitié de nos larmes a aussi compassion pour nos souffrances et exprime la tendresse de Dieu pour l’humanité blessée dans sa chair. La grâce de l’Évangile se manifeste singulièrement à Lourdes, qui est devenue en quelque sorte la capitale mondiale des malades. J’ai connu dans mon enfance une miraculée de Lourdes, dont la guérison n’a d’ailleurs pas été reconnue par l’Église comme un miracle. Sœur Bernadette est la soixante-dixième miraculée qui a reçu une telle reconnaissance, mais ainsi elle représente un peu tout ceux et toutes celles qui ont été touchés par la mystérieuse sollicitude de Dieu, dans le secret de leur cœur.

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