L’éditorial de Gérard Leclerc

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11 mai 2020 : Thérèse et les périphéries

L'éditorial

Procession des reliques de sainte Thérèse de Lisieux, Paris.
CC by-sa : Gaëtan Poix

L’émission du service public sur Thérèse de Lisieux a créé l’événement. De quoi nous faire réfléchir sur la sensibilité de nos contemporains quant au mystère chrétien. L’exemple de la sainteté constitue la meilleure médiation d’approche de la foi.

L’émission de Stéphane Bern sur sainte Thérèse de Lisieux n’a provoqué qu’un concert de louanges. Les téléspectateurs, même ceux qui sont loin de la foi ont été sensibles à l’étonnante personnalité de cette petite carmélite, dont le seul témoignage consiste dans sa quête ardente de Dieu. Il paraît même que des habitants de Lisieux – que l’on doit appeler les lexoviens – ont compris pourquoi il y avait tant de visiteurs dans leur ville ! Quant aux chrétiens, en l’espèce aux catholiques, ils auraient tout avantage à réfléchir au succès d’une telle émission. Certains n’ont eu que trop tendance, ces derniers temps, à s’opposer en des polémiques, dont je ne suis pas sûr qu’elles servent la cause de l’évangélisation. À ce point de vue, je me retrouve profondément d’accord avec mon confrère Henrik Lindell qui avoue sa lassitude.

Bien sûr, on peut discuter de la notion de déconfinement dans l’Église, qui pose des questions spécifiques. Oui, nous avons à sortir de nos communautés pour annoncer l’Évangile en dehors de nos cercles fermés. Notre pape François n’a eu de cesse de de nous presser de nous rendre sur ce qu’il appelle les périphéries, c’est-à-dire précisément les zones qui sont extérieures à nos périmètres habituels. Mais qu’avons-nous à faire sur ces périphéries ? Sûrement pas y exposer nos querelles intestines. C’est bien pourquoi cette émission du service public constitue pour nous une puissante invitation à nous recentrer sur l’essentiel du message chrétien.

Un essentiel qui s’adresse à chacun au plus profond de lui-même. L’émission a évoqué le cas d’Édith Piaf dont la complicité avec Thérèse a éclairé toute la vie. L’exemple de François Mitterrand serait également à interroger, car il s’inscrit dans tout un parcours où le président a pu retrouver ses sentiments d’enfance et de jeunesse. Parmi ses interlocuteurs, on trouve le philosophe Jean Guitton et le pape Jean-Paul II lui-même, qui avait tenu à lui adresser une lettre personnelle, alors qu’il savait François Mitterrand en pleine interrogation. Mais il fallut le passage du reliquaire de Thérèse sous ses fenêtres pour que s’accomplisse une rencontre qui relève de l’indicible.

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