L’éditorial de Gérard Leclerc

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Émission du 10 septembre 2019 : Le cardinal Etchegaray, l’enracinement et l’universel

L'éditorial

Hier matin, dans la cathédrale de Bayonne où se déroulait la cérémonie des obsèques du cardinal Roger Etchegaray, son collègue le cardinal Dominique Mamberti qui présidait, pour évoquer sa personnalité, ne pouvait que se référer aux béatitudes. Pour qui a eu la chance, à un moment ou à un autre, de rencontrer l’ancien archevêque de Marseille, c’était une certitude. Cet homme de Dieu a vécu à la lettre de l’esprit de l’Évangile, et, à son propos, l’expression de « bon et fidèle serviteur » s’applique admirablement à celui qui servit l’Église de tout son cœur. Sa bonté foncière transparaissait dans sa cordialité. Le dernier souvenir personnel que j’ai de lui remonte déjà à quelques années. C’était à Lyon, lors d’un rassemblement organisé par la communauté Sant’Egidio. Nous avions dîné un soir avec le cardinal, en compagnie de mon ami François Vayne qui le connaissait bien. Il nous avait montré le texte de la fameuse rencontre interreligieuse d’Assise que Jean-Paul II lui avait demandé d’organiser.

Ç’avait été pour lui un grand moment et une sérieuse responsabilité. Le 27 octobre 1986, les représentants de toutes les grandes religions du monde avaient été invités à prier pour la paix. Il avait été bien précisé qu’il s’agissait non pas de prier ensemble mais d’être ensemble pour prier. Nulle confusion n’était possible. Il ne s’agissait pas, comme le craignaient certains, de s’engager dans on ne sait quel syncrétisme où la foi chrétienne aurait été relativisée. Non, il s’agissait de créer un climat de paix, alors même que se ranimait une forme de violence religieuse, qui continue, aujourd’hui, à exercer ses ravages.

Il fallait que Jean-Paul II ait totale confiance dans le cardinal Roger Etchegaray pour lui confier une mission aussi délicate. Mais notre compatriote était taillé sur mesure pour affronter les situations les plus difficiles, parfois tragiques, comme lorsque le Pape l’envoya au Rwanda plongé dans les affres d’un épouvantable génocide. Une fois où je lui avais rendu visite à Rome, à Saint Calixte dans le quartier du Transtevere, il m’avait beaucoup parlé de ses voyages en Chine, où, me disait-il, il y avait beaucoup plus de chrétiens qu’on le prétendait. Cher M. le cardinal, vous qui étiez le basque le plus enraciné, toujours coiffé de son éternel béret, vous étiez aussi le serviteur de l’universel, dans la fidélité totale à la sainte Église catholique romaine.

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