L’éditorial de Gérard Leclerc

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9 novembre 2016 : Président des États-Unis !

L'éditorial

Ce n’est pas rien d’être président des États-Unis d’Amérique ! Le chef de la première puissance mondiale – même si elle n’est plus l’hyper-puissance dont parlait Hubert Védrine autrefois – exerce une sorte de magistrature mondiale. Les peuples qui ne sont pas sous son autorité directe n’en considèrent pas moins qu’ils jouent un rôle important dans leur destin. Lorsque s’ajoute à la fonction une dimension charismatique, on regarde forcément vers la Maison-Blanche avec une attention accrue. C’était flagrant au lendemain de la seconde guerre mondiale, lorsque le général Eisenhower succéda à Harry Truman, l’homme qui avait pris la redoutable responsabilité de jeter l’arme nucléaire sur Hiroshima et Nagasaki. Le général était universellement connu et apprécié pour avoir été le commandant en chef des armées alliées, vainqueur du nazisme, et il donnait naturellement confiance pour tenir en main les destinées du monde.

Kennedy, qui lui succéda, est demeuré pour l’histoire contemporaine un véritable mythe, même si ce mythe s’est trouvé un peu écorné par certaines révélations. Il incarna en tout cas pleinement son rôle, à tel point qu’on se demande si un seul de ses successeurs peut lui être comparé dans la façon dont il sut exercer son leadership. Reagan peut-être s’est distingué par son style et sa détermination. On pourrait continuer ainsi à interroger l’histoire pour désigner ceux qui, dès l’origine et dans les moments les plus cruciaux, surent se montrer dignes de ce qu’il y a d’exceptionnel dans le génie américain. Comment ne pas penser ainsi à Roosevelt, le président du New Deal et de la Seconde Guerre mondiale ?

Opérer un tel rappel au moment où le peuple américain désigne qui va exercer la fonction suprême n’incite pas à l’optimisme. Dans le monde incertain et dangereux qui est le nôtre, on aimerait que les États-Unis soient gouvernés avec lucidité, autorité, pleine conscience des enjeux actuels. On avait énormément espéré dans l’avènement de Barrack Obama. Trop espéré sans doute. En huit ans, le monde a considérablement changé et l’on observe avec inquiétude comment va pouvoir se comporter la personne en charge de la plus écrasante des responsabilités.

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