L’éditorial de Gérard Leclerc

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Émission du 9 septembre 2019 : Le Pape chez le Père Pedro, disciple de M. Vincent

L'éditorial

Office dominical à Akamasoa – 20 avril 2014
CC by sa : Schaeffelse

De la visite que le Pape a rendue à la grande île de Madagascar, on peut retenir beaucoup d’images d’une chrétienté vivante. Je ne puis m’empêcher de m’attarder sur son passage à « la cité de l’amitié », où il a retrouvé son compatriote argentin le Père Pedro. Car ce lieu constitue un véritable miracle. N’a-t-on pas parlé à son propos d’un « bijou de la charité » ? Et le Pape lui-même a exprimé le fond de son cœur en déclarant : « Akamasoa est l’expression de la présence de Dieu au milieu de son peuple pauvre. » Une présence qui n’est nullement circonstancielle, puisqu’elle dure depuis trente ans et trouve sa signification dans la volonté de Celui « qui a décidé de vivre et de demeurer toujours au milieu de son peuple. »

Il y a trente ans, Akamasoa était une immense décharge habitée par une population dans la plus grande détresse. Le lazariste Pedro Opeka, en bon disciple de M. Vincent, ne pouvait supporter une pareille réalité humaine, dont les enfants étaient les victimes les plus exposées. Avec l’aide de ceux qui partageaient son projet et grâce aussi à la générosité des chrétiens, notamment de France, il est parvenu à transformer cette décharge en cité de l’amitié. Aujourd’hui, huit villages y regroupent trois mille maisons construites où vivent 23 000 personnes.

Et pour ces familles, qui ont pu trouver le travail qui les nourrit, le seul cadre matériel ne suffit pas à rendre compte d’une vie transformée. Il y faut l’entraide, la solidarité, et peut-être ceci expliquant cela, l’esprit d’une communauté chrétienne rassemblée notamment par la liturgie dominicale. L’Évangile n’est pas une doctrine évanescente, il inspire des conduites concrètes en échappant aux idéologies qui ont montré plus que leurs limites, dès lors que la violence se substituait à la charité. Pourquoi ne pas le dire ? Trop souvent l’espoir des pauvres a été trahi par un messianisme révolutionnaire qui n’a produit que des ruines, dévoyant les générosités et les enthousiasmes. Trop souvent, l’espérance biblique a été travestie en rhétorique athée et prométhéenne. Cet échec sanglant ne doit pas conduire à la résignation, bien au contraire ! L’exemple du Père Pedro montre qu’une autre voie est possible, dès lors qu’à l’appel de l’Évangile des apôtres s’engagent au service de leurs frères, en fidélité totale à leur foi. Un disciple de M. Vincent peut réaliser aujourd’hui l’impossible, la révolution par la charité.

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