L’éditorial de Gérard Leclerc

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9 janvier 2018 : Noël interdit

L'éditorial

Dans Le Figaro d’hier, Jacques Julliard met les pieds dans le plat ! Je cite les dernières lignes de son carnet mensuel : « Comment appelle-t-on la célébration du grand Pardon chez les juifs ? – Yom Kippour ! – Comment appelle-t-on la célébration du sacrifice du mouton par Abraham chez les musulmans – L’Aïd-el-Kebir ! – Comment appelle-t-on la célébration de la nativité de Jésus chez les chrétiens ? – Les fêtes ! – Ces fêtes dont vous parlez, n’est-ce pas là ce qu’on appelait jadis Noël ? – C’est bien possible. Des textes anciens l’attestent. Mais parlons bas. Les chrétiens s’introduisent partout. »

Ne nous trompons pas sur ce trait d’humour. Car le sourire qu’il provoque peut s’achever en grimace. J’ai souvent, ici-même, abordé cette question d’une culture chrétienne dont on voudrait effacer les signes, au nom de la laïcité ou du vivre ensemble. Je ne suis pas d’accord, personnellement, avec ceux qui baissent les bras sur ce terrain, notamment au nom d’une certaine humilité ou d’une spiritualité de l’enfouissement. Ce n’est pas faire preuve d’hostilité à l’égard des nouveaux venus ou de ceux qui partagent d’autres convictions, religieuses ou non, que de vouloir défendre et illustrer une continuité de civilisation qui touche les mœurs et les représentations.

Le fait de rapporter l’identité de la France à ses racines chrétiennes ne constitue pas une agression forcée à l’égard de ceux qui n’ont pas les mêmes appartenances. La Troisième République se flattait que la France soit devenue une puissance musulmane. C’était dans un contexte différent. Mais c’était une façon d’admettre dans l’héritage commun des éléments inédits, qui ne s’opposaient pas aux racines plus anciennes. Le tout est de savoir favoriser un art de vivre capable de concilier, sans exclure et sans renier. C’est contre le reniement que s’insurge à bon droit Jacques Julliard, se faisant la voix de tous ceux qui souffrent de cette entreprise sournoise d’éradication.

Je n’entends sous cette expression aucune phobie complotiste. Il n’y a pas de complot, simplement une idéologie dans l’air du temps que l’on voudrait nous imposer sous des prétextes fallacieux. Nous sommes un certain nombre à ne pas nous y laisser prendre. Merci à Jacques Julliard de son précieux renfort !

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