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Émission du 8 avril 2019 : Un nouveau président des évêques de France, Mgr Éric de Moulins-Beaufort

08.04.19
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Émission du 8 avril 2019 : Un nouveau président des évêques de France, Mgr Éric...

Le point de vue 06h03

crédit photo : Michel Pourny

L’élection de Mgr Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, à la présidence de la Conférence des évêques de France a généralement été bien accueillie. Même Libération, où le ton est généralement très critique à l’égard de l’Église, a salué une promesse de renouveau. Ce qui dans le climat actuel constitue un gage intéressant. Mais il n’y a pas que le rajeunissement de la direction des évêques à observer, le nouveau président étant assisté de deux vice-présidents eux aussi cinquantenaires, Mgr Dominique Blanchet, évêque de Belfort-Monbelliard et Mgr Olivier Leborgne évêque d’Amiens. Il y a surtout la capacité à faire face au défi du moment.

Puisque la question des abus sexuels dans l’Église a monopolisé l’attention ces dernières semaines, il est important de savoir qu’Éric de Moulins-Beaufort est non seulement très informé de ce drame ravageur, mais qu’il a réfléchi avec sagacité à la nature du phénomène. Je ne puis que renvoyer au grand article qu’il a publié sur le sujet dans La Nouvelle revue théologique de Louvain. C’est à mon sens une réflexion tout à fait remarquable et de plus positive. Parce qu’il ne s’agit pas seulement d’aider l’Église et la société toute entière à sortir de leur aveuglement, mais d’envisager le mal à sa racine pour en préserver toutes les victimes possibles et en priorité les enfants.

L’article s’attaque notamment aux raisons du silence qui a longtemps entouré les agressions commises. Le grief habituel d’« avoir voulu protéger l’institution » lui paraît trop général et peu explicatif. Car il s’agit d’un phénomène social qui dépassait largement l’autorité épiscopale. À l’époque, c’est-à-dire dans les années soixante-dix quatre-vingt, tout le monde estimait, évêques, magistrats, parents, policiers, que les enfants en grandissant allaient oublier cet épisode ou du moins surmonter la violence subie. On sait aujourd’hui qu’il n’en est rien à cause du caractère profondément traumatisant d’une atteinte à l’enfance. Mais je ne puis résumer cet article qui se termine par des préconisations que le nouveau président aura à cœur de mettre en œuvre. Nous avons la chance d’avoir un pasteur qui est aussi un intellectuel. Pas seulement un théologien mais un penseur apte à démêler les plus graves problèmes de notre société.

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