L’éditorial de Gérard Leclerc

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Vous avez dit islamophobe ?

L'éditorial

Manifestation à Paris le 11/01/15 après l’attentat contre l’hebdomadaire « Charlie Hebdo »
© Philippe Lissac / Godong

Une manifestation contre l’islamophobie doit avoir lieu le 10 novembre prochain. Mais qu’est ce que l’islamophobie ? Une névrose ? Un danger social ? S’il y a des problèmes de cohabitation, comment les régler ?

Dans quelques jours, doit se tenir une manifestation contre l’islamophobie à laquelle participeront plusieurs chefs de file de la gauche, notamment Jean-Luc Mélenchon. Que faut-il entendre par cette expression d’islamophobie ? On peut être sûr au moins d’une chose : c’est mal, c’est très mal d’être un « phobe ». Et nous mesurons aujourd’hui les malheurs et les dysfonctionnements d’une société à la densité de « phobes » et de phobies qu’elle contient. Philippe Muray ne s’était pas fait faute de moquer cette propension à multiplier les « phobes » de toutes sortes en s’étonnant de la médicalisation systématique dont sont l’objet ceux qui ne pensent pas dans la juste ligne. En effet, disait-il : « Une phobie, c’est une névrose : est-ce qu’on va discuter, débattre, avec un névrosé au dernier degré ? Non, on va l’envoyer se faire soigner, on va le fourrer à l’asile, on va le mettre en cage. Dans la cage aux phobes. »

L’islamophobie est-elle une névrose ? Peut-être, mais elle est aussi, si l’on en croit les responsables de cette manifestation, une sorte de fléau social, un danger d’autant plus redoutable qu’il diffuse la haine à l’égard des musulmans. On dénonce des discriminations, des projets de lois liberticides, des agressions physiques de femmes portant le foulard, des attaques contre des mosquées ou des imams, allant même jusqu’à la tentative de meurtre. D’évidence, cette tentative de meurtre désigne ce qui s’est passé devant la mosquée de Bayonne. Là-dessus, on peut légitimement s’interroger pour déterminer s’il n’y a pas quelque abus à partir d’un fait particulier pour désigner un danger général à l’égard de nos compatriotes musulmans.

Cette réserve faite, il est vrai que développer un climat d’hostilité à leur égard n’est pas admissible et qu’il convient, au contraire, de faire en sorte, qu’ils soient pleinement intégrés à la communauté nationale. Il y a des conditions pour cela, qui dépendent aussi des musulmans. Pour faire communauté, il faut le vouloir et ne pas créer trop d’obstacles à la cohabitation. On ne peut faire fi non plus des caractéristiques propres à une religion, à ses règles et ses traditions. Cela passe par une élucidation des problèmes qu’on ne saurait refouler sous le tapis. Encore faut-il des hommes et de femmes de bonne volonté pour se prêter à une telle élucidation.

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