L’éditorial de Gérard Leclerc

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30 ans après la chute du Mur

L'éditorial

Fragments du Mur de Berlin
© ProNoticias / Pixabay

Il y a trente ans déjà – déjà, je parle pour les gens de ma génération et non pour mes cadets – tombait le système communiste avec la chute du Mur de Berlin et la fin de l’Union soviétique. Sauf erreur de ma part Le Figaro est un des rares quotidiens à avoir traité dignement cet anniversaire [1]. grâce à des contributions de premier ordre, notamment celle de Vladimir Fedorowski. Il vit en France depuis une vingtaine d’années, mais il fut le témoin direct, au Kremlin, donc au siège même du pouvoir soviétique, de l’attitude de Mikhaïl Gorbatechev qui permit que la transition se fasse pacifiquement. On oublie, en effet, trop facilement, qu’il y avait en 1989, en Allemagne de l’Est, état satellite de l’état soviétique, 500 000 soldats aux ordres de Moscou. Si les représentants de la tendance dure, stalino-brejnevienne, l’avaient emporté, nous risquions un bain de sang à Berlin et une nouvelle glaciation du bloc de l’Est.

J’ai, à ce propos, un souvenir personnel, antérieur à 1989 de quelques années. Je me trouvais, quelques jours seulement avant l’élection de François Mitterrand à l’Élysée, dans le bureau de Raymond Aron. Le grand analyste de la politique mondiale attendait avec impatience la nouvelle de la réussite du lancement de la dernière fusée américaine. Pourquoi ? Tout simplement parce que pour lui, il était important que les États-Unis conservent toute confiance dans leur destin, eu égard à leur affrontement avec le bloc soviétique. Pour Aron, les jeux n’étaient pas faits, loin de là. Certes il pensait la guerre improbable, il était averti des énormes faiblesses du système. Mais celui-ci n’était pas encore prêt à céder.

Sans doute y avait-il des signes prémonitoires. Le plus notable avait été, en 1978, l’élection du premier pape slave de l’histoire, Karol Wojtyla. Son voyage triomphal en Pologne, quelques mois plus tard, avait été très mal vécu au Kremlin, tant il montrait l’unanimité d’un peuple dans son opposition au totalitarisme. Si la chute de ce système a été déclenchée par Gorbatchev à l’intérieur du système, c’est aussi parce que l’avènement de Jean-Paul II avait signifié à la face du monde que le régime de Lénine et de Staline n’était pas invincible.

Commentaires

  1. je ne dirai jamais assez merci à Gérard Leclerc pour tous ses éditoriaux, en lien avec l’actualité qu’il sait mettre en perspective avec l’histoire et avec les grands enjeux de l’humanité.

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