L’éditorial de Gérard Leclerc

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4 juillet 2018 : La sécurité de l’ordre public

L'éditorial

 C’est tout à fait fortuit, mais la publication de l’enquête parlementaire sur l’état des forces de l’ordre a coïncidé avec l’évasion spectaculaire de Redoine Faïd de la prison de Réau en Seine-et-Marne. Et l’on est obligé d’établir une relation entre la moral de la police et de la gendarmerie avec un fait qui ne plaide sûrement pas pour la sécurité morale de notre appareil de protection. Car il y a une étroite correspondance entre ce qui relève du ministère de l’Intérieur et ce qui relève du ministère de la Justice, ce dernier étant garant de la fiabilité de notre système pénitentiaire. Le rapport parlementaire met en évidence le découragement des forces de l’ordres face aux carences de la justice. Il est pour le moins démoralisant de retrouver libres dans la rue les délinquants que l’on s’est donné la peine d’arrêter quelques jours auparavant.

Et que dire de cette évasion spectaculaire qui concerne un détenu particulièrement dangereux, coupable d’avoir tué une jeune policière, maman d’un petit garçon, lors d’un braquage raté en 2010. Et pour aggraver les choses, l’actrice Béatrice Dalle a eu l’inconscience de se réjouir de cette opération, au demeurant réalisée dans des conditions techniques étonnantes avec l’appui d’un hélicoptère. Énorme provocation que ne saurait excuser on ne sait quelle sensibilité anarchiste. On comprend l’émotion de la mère de la policière tuée : « Je lui souhaite de ne pas vivre ce que nous avons vécu, de ne pas perdre dans de telles conditions un être aimé, un être qui vous manquera toute votre vie. Ça anéantit toute une famille, et un petit garçon qui va grandir sans sa maman. »

Il se trouve que le rapport parlementaire met aussi en évidence l’insécurité des policiers et des gendarmes qui se retrouvent menacés aujourd’hui dans leur vie privée, leur domicile familial, suite à l’attentat de Magnanville où un couple de policiers avait trouvé la mort dans sa maison et non dans un lieu de travail. Le malaise de la police s’est manifesté notamment dans des rassemblements inédits, attestant une difficulté croissante à assumer une mission essentielle dans une période troublée. Après l’attentat de Charlie Hebdo, la population avait pourtant applaudi les forces de l’ordre. Mais il semble bien qu’il y a nécessité de solidifier le lien de confiance indispensable à la vie de notre société.

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