L’éditorial de Gérard Leclerc

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4 janvier 2021 : Justice enfin rendue

L'éditorial

Palais de justice de Bordeaux (Cour d’appel)
© CéCédille / CC by-sa

Une information à relever à cause de son importance symbolique et des conséquences qu’elle pourrait avoir. Le maître d’école qui avait été sanctionné par son administration pour propagande religieuse à été complètement blanchi par la justice. Le fait religieux n’est donc pas exclu de l’enseignement.

En ce début d’année, l’information que je voudrais retenir aujourd’hui n’est sans doute pas la plus importante dans l’échelle de nos préoccupations, mais elle n’est pas mineure dans l’ordre culturel et celui de la liberté de la pensée. J’avais d’ailleurs évoqué ici-même l’affaire de cet enseignant, Matthieu Faucher, suspendu et muté de l’école du village de Malicornay dans l’Indre pour faute professionnelle. Il était accusé d’avoir fait étudier par ses élèves des extraits de la Bible accompagnés de scènes de films, notamment L’Évangile selon saint Matthieu de Pasolini. Non croyant, Matthieu Faucher n’avait nulle intention prosélyte, mais il voulait simplement entretenir les élèves dont il avait la charge d’éléments de culture religieuse. Ainsi était-il dans l’esprit du fameux rapport de Régis Debray demandé par Jack Lang et qui concluait sur l’urgence de l’enseignement du fait religieux.

Ayant fait appel de sa sanction devant la justice, l’enseignant avait été, une première fois, justifié en grande partie par le tribunal de Limoges, exigeant sa réintégration dans l’école dont il avait été exclu. Mais l’administration mécontente d’une telle décision avait fait appel, soutenue en l’espèce par le ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer. Mal lui en a pris, puisque la Cour d’appel de Bordeaux a totalement blanchi Matthieu Faucher, qui n’a, selon le jugement, commis aucune faute professionnelle. On se félicite pour lui, tout en déplorant l’épreuve qu’il a subie. On peut espérer que cette affaire aura valeur d’exemple, en permettant d’opérer les distinctions nécessaires à propos de ce qui concerne la laïcité. Si elle signifie bien la distinction des domaines, elle ne saurait se traduire en interdits culturels et rejet du domaine religieux.

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