L’éditorial de Gérard Leclerc

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3 avril 2018 : La fidélité des caniches

L'éditorial

On apprend beaucoup en lisant les gens avec qui on n’est pas d’accord. Ce n’est pas tous les jours, mais il m’arrive de lire le journal Libération. Le dernier numéro m’a particulièrement intéressé par la diversité des sujets abordés. Il est vrai que c’était un numéro double, riche de matière. L’actualité m’a conduit en priorité à lire le dossier consacré à la GPA, la gestation pour autrui, qui, visiblement, a la faveur du journal. Une GPA qui d’ailleurs rentre, à l’en croire, dans l’évolution générale mondiale des mœurs. Pourquoi donc la France serait-elle si retardataire à admettre ce qui va si évidemment dans le sens de l’histoire ? Que pèsent contre cela les objections de Sylviane Agacinski, de René Frydman ou de José Bové ? Et en plus celle de ces empêcheurs de marcher tout droit que sont les catholiques ? Avec un certain agacement, on note qu’ils risquent d’empêcher tout débat dans les états généraux de la bioéthique, en monopolisant la parole.

C’est tout de même un peu curieux ce reproche, car on ne sache pas que lesdits catholiques empêchent quiconque de s’exprimer. Sans doute sont-ils plus motivés que les autres, mais on devrait plutôt leur en savoir gré eu égard à leur sens civique. Et par ailleurs, ce pourrait être un motif d’émulation pour les autres, s’ils sont persuadés du bien-fondé de leurs convictions. Mais à Libération, on est persuadé que l’organisation programmée, par exemple, de l’expulsion de la figure du père dans la génération et l’accueil des enfants a si peu d’importance que le débat même est incongru. Ce en quoi ce journal est quand même le témoin d’un basculement moral et anthropologique, qui correspond à ce que Jacques Ellul avait prévu de longue date en désignant le renversement produit par la toute puissance de la technique.

J’ai trouvé pourtant dans ce même numéro un article plaidant en faveur d’une sorte de ressaisissement de l’amour humain et qui se traduirait par une réhabilitation de la fidélité. J’aurais beaucoup à dire de l’auteur de l’article, Marcela Iacub, mais je me contente de renvoyer à son texte. Savez-vous qui elle nous donne en modèle de fidélité à nous humains ? Le chien ! « Il est possible que notre salut viendra le jour où, au lieu de regarder nos toutous de haut, nous les considérerons comme d’augustes professeurs. » À cause de cet amour fou et absolu qu’ils éprouvent à l’égard de leur maître ! Pourquoi pas, après tout ! Quand l’amour humain éclate en morceaux, autant se raccrocher à la fidélité des caniches !

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