L’éditorial de Gérard Leclerc

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Émission du 2 octobre 2018 : Une véritable enquête

L'éditorial

La discussion a été lancée par le magazine Témoignage chrétien. Faut-il créer une commission parlementaire pour enquêter sur l’ampleur des crimes de pédophilie dans l’Église catholique et les responsabilités encourues ? Est-ce la bonne solution ? Dans son éditorial de La Croix d’hier, Isabelle de Gaulmyn en doute fortement. Elle oppose même son refus à la proposition : « Non, car on ne voit pas ce que pourrait apporter un débat nécessairement politique sur un sujet aussi complexe à la dimension historique importante. » L’objection est à prendre en compte. La dimension politique, avec sa part d’affrontements idéologiques, n’aiderait sûrement pas à une élucidation nécessaire.

Autre problème. Faut-il ne s’intéresser qu’au cas de la seule Église catholique, alors que d’autres institutions sont touchées par la même pathologie ? Ce n’est pas l’avis de François Devaut, le président de l’association La parole libérée qui s’est constituée à partir de l’affaire Preynat : « Pour nous, déclare-t-il au Mondeil faut une enquête globale pour pouvoir comparer ce qui s’est fait dans l’Église et dans d’autres institutions. Le système de protection nous semble très propre à l’Église. Cela permettrait aussi de mieux connaître l’étendue du phénomène. »

Jusqu’ici, la seule Église catholique a été ciblée par les médias, alors qu’il s’agit d’un phénomène qui affecte l’ensemble de la société. Si l’on veut vraiment comprendre sa nature, il y aurait lieu de conduire une enquête de longue haleine, qui se référerait notamment à la dimension historique du dit phénomène. Pourquoi se découvre-t-il brusquement dans les années 90 ? De même, pourquoi les personnes les plus qualifiées sur le sujet ne sont jamais interrogées par les médias ? Il y a pourtant des psychologues, requis par les tribunaux, qui passent leurs journées à recevoir tour à tour prédateurs et victimes. On pourrait aussi interroger les assistantes sociales qui sont en première ligne pour mesurer les dysfonctionnement du corps social. Mais il faudrait envisager, à frais nouveaux, les paramètres d’une véritable enquête.

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