L'éclairage spirituel de Mgr Matthieu Rougé

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9 avril 2021 : Un grand jour de fête

Mgr Rougé

Après chaque grande fête, vous le savez, l’Eglise nous propose huit jours, une « octave », pour approfondir et déployer le mystère célébré. L’octave pascale est scandée par les récits évangéliques des différentes apparitions du Ressuscité, par la merveilleuse séquence Victimae paschali laudes (« À la Victime pascale, chrétiens, offrez le sacrifice de louange…), par le renvoi « alléluiatique » : « Allez dans la paix du Christ, alléluia, alléluia ! Nous rendons grâce à Dieu, alléluia, alléluia ! Un refrain caractéristique rythme la liturgie : « ce jour (ce long, cet unique jour) de fête est un jour de joie, alléluia ! ». L’octave aboutit au huitième jour de Pâques, le dimanche en blanc, le dimanche de Thomas, le dimanche de la miséricorde, sorte de nouveau jour de Pâques, pour que nous puissions en accueillir au maximum la lumière et la force.

Peut-être êtes-vous comme moi frappés par la manière dont s’entrechoquent l’immense joie de Pâques, l’immense joie d’avoir pu vraiment célébrer les Jours Saints, et des vents violemment contraires : je pense à la nouvelle proposition de loi sur l’euthanasie, à la part antireligieuse du débat en cours sur la loi « confortant les principes de la République », à des révélations nauséabondes, à une propension générale à tout durcir, à tout transformer en affrontement. Voilà qui nous rend au moins contemporain du grand combat spirituel mené par Jésus lui-même tel qu’il est évoqué par le Victimae paschali : « mors et vita duello… La mort et la vie s’affrontèrent en un duel prodigieux ».

Dans la lumière de la Résurrection, plus que jamais, nous devons résister à la dureté ou au découragement. Le Victimae paschali poursuit d’ailleurs : « Le Maître de la vie mourut ; vivant, il règne ». Comme saint Thomas, faisons l’acte de foi qu’en dépit de tout, la victoire du Christ est en marche. La veillée francilienne de prière pour la vie lundi prochain (à 19h30 sur KTO) constituera une belle occasion de nous enraciner dans cette espérance partagée. En dépit de tout, nous pouvons le proclamer : « ce jour que fit le Seigneur est un jour de joie, alléluia ! ».

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