L'éclairage spirituel de Mgr Matthieu Rougé

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7/02/2020 : Trois attitudes constitutives de la dignité du politique

Mgr Rougé

Sans doute avez-vous entendu dire que le Président de la République aurait récemment déclaré à la Présidente des Associations Familiales Catholiques : « Votre problème c’est que vous croyez qu’un père est forcément un mâle ». Ce « problème » est amplement partagé par le bon sens général si l’on en croit la définition du dictionnaire : « père, homme qui a engendré, qui a donné naissance à un ou plusieurs enfants ». Il n’est pas faux – beaucoup le savent d’expérience – de dire que différents adultes peuvent exercer une sorte de fonction paternelle en dépit de leur absence de paternité effective mais, justement, cette paternité au sens large ne peut s’exercer que par référence à la paternité réelle. Le « nominalisme » présidentiel – dont on peut espérer qu’il n’a été que l’expression d’une mauvaise humeur passagère – est, comme l’atteste notre histoire philosophique et politique, la porte ouverte à tous les arbitraires.

Dans un registre analogue, une femme politique a récemment déclaré qu’elle renonçait à ses convictions sur le sens de la famille, de la filiation et de la procréation parce que tel était « le sens de l’histoire », la logique de « l’évolution de la société ». Cette passivité, ce fatalisme, face à l’histoire constitue en fait un renoncement à la liberté qui est le fondement de la responsabilité politique. Si les parlementaires n’ont pas d’autre mission que d’entériner les évolutions – voire les violences – sociales, leur mission perd son sens et sa légitimité. On connaît le mot de Jean Guitton, qui est plus qu’une boutade : « être dans le vent, c’est avoir un destin de feuille morte ».

Vous avez également vu que le groupe majoritaire a unanimement voté à l’Assemblée Nationale le refus d’un léger allongement du congé alloué aux parents qui viennent de perdre un enfant avant d’être désavoué par le Président de la République lui-même ! Gageons que les mêmes parlementaires émettront un vote inverse dans quelques semaines parce qu’ils en recevront l’instruction. Ce conformisme superficiel, cette absence de véritable discernement en conscience, est une autre forme de démission politique.

Le sens du réel, la liberté face à l’histoire, le discernement en conscience sont des fondements d’un juste engagement politique.

 

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