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31/01/2020 : Lamarck versus Darwin

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La question qu’on se pose aujourd’hui : comme les espèces évoluent-elles ? Au XIXème siècle, les naturalistes Lamarck et Darwin se sont affrontés sur le sujet. Tous deux admettent une évolution infiniment lente, par petites touches, qui, une fois acquise, est transmise héréditairement via la reproduction. Toutefois, si, pour Lamarck, l’évolution est orientée à dessein par l’intention, pour Darwin, elle est le fruit de la pression de sélection naturelle, donc du hasard, qui favorise inévitablement la reproduction des individus les mieux adaptés aux conditions du moment. L’exemple le plus célèbre, presque caricatural, est celui du cou des girafes. Selon Lamarck, les efforts des petites girafes pour atteindre les hauts feuillages se traduisent, au fil des générations, par un allongement de leur cou. Selon Darwin, si le feuillage n’est pas à la portée des petites girafes, seules les grandes survivent. Les découvertes ultérieures sur la génétique et l’ADN ont donné raison à Darwin. La puissance créatrice et adaptative de la nature procède d’une infinité de modifications infimes et totalement aléatoires du génome de chaque individu. Il serait erroné de penser que les écailles des reptiles se sont transformées en plumes afin d’assurer la thermorégulation, puis que, par hasard, elles leur ont permis de voler et de se transformer en oiseaux, car c’est aussi par hasard que ces plumes ont assuré la thermorégulation. Pour comprendre à quel moment intervient le hasard, prenons l’exemple de l’espèce humaine, dont le matériel génétique est constitué de 23 paires de chromosomes, homologues mais différents. Les modifications dans le capital génétique apparaissent à trois occasions. Premièrement lors du partage des 23 paires de chromosomes pour constituer les gamètes mâles et femelles : il y a environ 8 millions de façons différentes d’effectuer ce partage. Deuxièmement, toujours au moment de la formation des gamètes, avant de se séparer, deux chromosomes de la même paire peuvent échanger plusieurs de leurs gènes, un peu comme si vous échangiez une lettre de scrabble avec votre voisin de jeu. Cette recombinaison, appelée crossing-over, multiplie quasiment à l’infini les possibilités de variations sur un même thème, puisqu’en considérant que chaque chromosome porte environ 1 000 gènes, on obtient un nombre de versions différentes de chromosomes que je n’aurai pas le temps de prononcer puisqu’il s’écrit avec une centaine de chiffres ! La dernière occasion de rebattre les cartes, ce sont les mutations génétiques, qui peuvent intervenir à tout moment de la vie cellulaire, et sont provoquées par les rayonnements ionisants ou les agents chimiques. La nature évolue donc en aveugle, contrairement aux manipulations génétiques voulues par l’homme, lesquelles sont techniquement lourdes à réaliser, peu nombreuses, et n’atteignent pas forcément leur but.

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