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24/01/2020 : La réforme des retraites

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La question qu’on se pose aujourd’hui : pourquoi réformer les retraites ?

Si le gouvernement, pour faire passer la pilule, met en avant l’argument de l’équité entre les 42 régimes, sur la base des mêmes droits ouverts pour chaque euro cotisé, et ce dès le premier euro, l’objectif premier de cette réforme reste d’assurer l’équilibre d’un système dont les comptes plongent dans le rouge à partir de 2025. Car les lois de l’arithmétique sont sans appel : on est passé en quatre décennies de 4 à 2,7 actifs pour un retraité. Alors que l’espérance de vie a augmenté de 7ans ½ en 30 ans, n’est-il pas légitime d’en rétrocéder 2 ou 3 à travailler davantage ? Le système français, le plus redistributif en Europe, peut-il persister longtemps à octroyer des retraites plus élevées qu’en Allemagne et au Royaume-Uni, pays dont les PIB par habitant sont supérieurs au notre ?. Est-ce juste une question de choix politique, ou bien d’aveuglement collectif ? La France peut-elle durablement rester le pays où l’on défie la pesanteur en promettant de raser gratis, un pays obsessionnel des droits mais occultant les devoirs ? Ceux qui s’opposent à une nécessaire évolution ne sont-ils pas ceux qui fragilisent le plus le système de retraite par répartition, et maintiennent les injustices entre les régimes, entre les générations, et avec le reste du Monde en se payant le luxe de s’endetter ? La conjonction du vieillissement de la population, de la raréfaction des ressources énergétiques et naturelles, de l’économie mondialisée et du péril environnemental conduisent clairement à penser que les conditions de vie n’iront pas en s’améliorant : pourquoi ne pas l’acter ?

Il faudrait cesser de comparer avec ce qui se faisait hier, pour comparer avec ce qui se fait ailleurs, dans d’autres pays. L’argument selon lequel on ne change pas les règles du contrat en cours de vie active ne tient pas : l’adaptation est une des conditions de la survie de toute espèce. Ne voit-on pas que si les réformes des retraites se succèdent à une cadence infernale, déjà la cinquième en 17 ans, c’est parce qu’à chaque fois elles manquent leur but, sont vidées de leur contenu et accouchent de mesurettes ? Ne comprend-on pas que si les économies ne peuvent pas être obtenues par la réforme, elles se feront néanmoins, via des mesures discrètes, mais pas indolores, telles que la décote, qui se pratique déjà depuis janvier 2019, ou la dépréciation du point ? Enfin, que le débat soit centré sur la pénibilité laisse perplexe : n’y a-t-il donc aucune place pour l’épanouissement et le plaisir au travail ? Et n’existe-t-il pas des façons plus efficaces de s’assurer un futur meilleur que de battre le pavé : travailler plus, se former, dépenser moins et mieux, épargner ?

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