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Émission du 6 septembre 2019 : L’espérance de vie

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L’espérance de vie est actuellement de 70 ans dans le Monde, et de 82 ans pour la France, où elle a progressé de 14 années en six décennies, grâce aux progrès de l’hygiène, de la médecine, de l’alimentation, de l’instruction, des conditions de travail et du niveau de vie. Le mode de vie idéal, c’est-à-dire sans tabac, avec une consommation d’alcool inférieure à quatre verres par semaine, cinq fruits et légumes par jour et une activité physique quotidienne d’une demi-heure, la majore de quatorze ans par rapport au cumul de ces quatre facteurs de risque. L’ONU table sur une espérance de vie de 90 ans à l’horizon 2070, mais d’autres experts évoquent une sorte de plafond de verre dû au vieillissement cellulaire, aux maladies de la modernité (obésité, stress, sédentarité, réduction du temps de sommeil, hyper-sollicitation de la vue et du cerveau par les écrans), à la crise économique, à la surpopulation, et à la pollution qui provoque une augmentation impressionnante du nombre de cancers. Une chose est certaine, la santé psychique est un facteur déterminant : sans être systématiquement hyperactifs ni extravertis, les centenaires ont souvent une grande vivacité d’esprit, une force de caractère, des facultés d’adaptation et un optimisme à toute épreuve.

Le souci qu’une civilisation a de ses morts est un précieux indicateur de son degré d’évolution. C’est Napoléon qui reconnut à chaque citoyen le droit d’être enterré quelle que soit sa race et sa religion (jusqu’alors, artistes, saltimbanques, athées et suicidés étaient privés de sépulture), et ordonna l’ouverture du cimetière du Père-Lachaise. La tombe de Chopin est celle qui reçoit le plus de visiteurs. Aujourd’hui, la pratique de l’inhumation a tendance à reculer au profit de la crémation : en 1994, elle ne représentait que 10 % des funérailles en France, contre 36 % aujourd’hui, et vraisemblablement 50 % en 2020. En cause, le recul de la croyance en la résurrection des corps, un regain de sens accordé au symbolisme biblique de la poussière qui redevient poussière, mais aussi la démographie et l’urbanisation galopantes, et le surcoût engendré par l’inhumation.

Assez paradoxalement, alors que nous cherchons à l’évacuer de notre quotidien, la mort structure en réalité toutes nos activités, nos pensées et nos émotions. Rien de ce que nous faisons n’aurait de sens sans elle. Pour satisfaire notre soif d’éternité, il y a la foi en une vie après la mort, et la possibilité de laisser des prolongements de notre passage sur Terre : descendance, œuvres artistiques, idées et patrimoine. Mais la façon la plus sûre d’atteindre l’éternité, n’est-elle pas de la chercher dans la densité même du présent ?

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