Chronique géopolitique

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8 juillet 2017 : Les réalités 2017. Egypte : son printemps arabe fut un rêve et une utopie occidentale. Le pays vit aujourd’hui une crise économique aux conséquences imprévisibles.

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L’Occident était unanime à voir dans le renversement du régime Moubarak, l’avènement d’une nouvelle Egypte à la fois à la fois démocratique et prospère. Nous allions voir la nouvelle ère des printemps arabes : la guerre de Syrie fut l’apogée de nos illusions.

Nous avons toujours considéré que l’Egypte constituait une majeure de la géopolitique du Moyen Orient. Pourquoi ? Non pour des raisons politiques, mais pour ses données chiffrées qui en font un pays d’exception.

Rappelons-les : les régions habitables comptent 57 000 kilomètres carrés, soit le dixième de la France, qui font vivre quatre vingt dix millions d’habitants. Pouvons nous imaginer notre hexagone avec 900 millions de Français ?

L’Egypte bénéficie de trois atouts : le Nil avec son delta, le canal de Suez, le tourisme. Le Caire bénéficiait en outre  de deux aides : celle de l’Arabie saoudite fournissant la moitié de ses besoins en blé, celle des Etats Unis lui attribuant deux milliards de dollars pour son armement.

Depuis quelques années, la situation se détériore dans deux domaines essentiels :

1- Au niveau intérieur. Le terrorisme islamique s’attaque aux Coptes faisant l’objet de persécutions constantes et au tourisme, en chute constante, alors qu’il faisait vivre 10% de la population.

2- Au niveau extérieur. L’Arabie cesse son aide financière, essentielle à l’alimentation de la population.

En cet été 2017, l’économie se trouve au bord de la faillite.

La livre égyptienne subit une dévaluation de près de 50% par rapport au dollar depuis le mois de septembre 2016. En novembre 2016, il fallait 9 livres égyptiennes pour avoir 1 dollar, aujourd’hui, il faut 16 livres. Les caisses du pays ont perdu plus de la moitié de leurs réserves en devises étrangères, passant en cinq ans de 40 milliards à un peu moins de 20 milliards de dollars. Le taux d’inflation a fait un bond spectaculaire, passant de 13 % en septembre 2016 à 30 % en janvier 2017. Selon le quotidien économique El-Mal, les denrées alimentaires ont subi une hausse des prix de 40 %. Des produits importés tels que la farine de blé, le riz, le sucre ou encore le café, ont vu leurs prix augmenter jusqu‘à 80 %. Le prix du kilo de sucre est passé de 4.5 livres à 10 livres, et le prix du riz a doublé.

Afin de remédier à cette situation, le Fond Monétaire International (FMI) a fait un prêt de 12 milliards de dollars à l’Égypte. Mais le FMI exige en échange l’application de réformes économiques considérées comme indispensables au redressement du pays.

Par ailleurs, le secteur médical n’a pas été épargné avec la déclaration du ministre de la Santé, qui a annoncé une hausse des prix de 30 à 50% de trois mille médicaments.

Notre constat géopolitique est hélas sans équivoque : l’explosion sociale est probable sinon inévitable et elle touchera 90 millions de personnes. L’Occident a-t-il conscience de ses conséquences ? Nous estimons qu’elles peuvent être explosives.

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