Chronique géopolitique

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1 juillet 2017 : Les réalités 2017. Jusqu’où ira l’Arabie saoudite ? La politique de Ryad se durcit tant sur le plan intérieur qu’extérieur.  

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          Après le blocus du Qatar, l’achat massif d’armements aux Etats Unis, le roi Salman bouleverse l’ordre de succession en nommant comme héritier son fils Mohamed Ben Salman, âgé seulement de 31 ans, en remplacement de Mohamed Ben Nayef 57 ans qui a été destitué de toutes ses fonctions.

C’est plus qu’un coup de théâtre, plus qu’une opération politique, c’est une véritable révolution qui bouleverse les traditions du royaume saoudien jusqu’ici très attaché au respect des hiérarchies familiales. Ce n’est pas seulement le jeune âge de Mohamed Ben Salman qui surprend, mais c’était déjà le ministre de la Défense qui était sûrement le promoteur du blocus du Qatar ainsi que de la coalition avec l’Egypte et les Emirats Arabes Unis contre Doha et Téhéran.

Les familles princières ne sont ni enthousiastes ni unanimes, c’est déjà une difficulté, mais surtout la guerre du Yémen s’éternise avec ses drames humanitaires et l’Iran compense les blocus saoudiens. On retrouve le conflit permanent Sunnites contre Chiites  avec l’ambigüité  de la politique américaine. Elle est hostile à l’Iran, mais rappelons que sa principale base aérienne se situe au Qatar. Quant à la politique pétrolière, Ryad pensait que la baisse du prix du baril obligerait Washington à baisser sa production de pétrole de schiste, or ce n’est pas le cas.                                                            Certes l’Iran souffre économiquement, mais il se modernise et s’occidentalise : son concurrent reste les émirats avec Dubaï comme modèle. Les nouvelles politiques de l’Arabie saoudite vont à l’inverse de ce mouvement et risquent d’engager de nouvelles guerres dans ce Moyen Orient déjà à feu et à sang : Syrie, Irak, Lybie, Yémen. Quatre guerres dont les Occidentaux n’arrivent pas à trouver une issue. Si l’hostilité entre l’Arabie saoudite et l’Iran dégénère, la poudrière du Moyen Orient change de nature pour deux raisons :

– Elle devient religieuse en opposant Sunnisme et Chiisme.

– Elle prend une dimension géopolitique en mettant face à face une Arabie saoudite de 30 millions d’habitants, alliée historique des Etats Unis,  et un Iran de 80 millions d’habitants soutenu par la Russie.

Nous ne sommes même plus dans la géopolitique régionale, nous entrons dans la géopolitique mondiale puisqu’elle oppose les deux super puissances que sont Washington et Moscou. Que pèsent l’Europe et la France dans ce nouveau contexte ?   Comment trouver une issue à ces conflits qui prennent, année après année, de nouvelles extensions ? Dans l’urgence, Paris, Berlin et Londres doivent faire pression sur Donald Trump et Vladimir Poutine pour qu’ils saisissent la gravité de la situation et agissent pour calmer Ryad et Téhéran dans leurs velléités bellicistes.

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