Carte blanche de Didier Rance

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30 mai 2020 : Science et foi

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A l’époque du communisme en Pologne, il y avait au fond d’églises que j’ai visitées un panneau avec les portraits de grands scientifiques croyants à travers les siècles et jusqu’en notre temps – une façon de dire que l’incompatibilité entre foi religieuse et science, martelée par le régime athée ne tenait pas. Va-t-il falloir le mettre aussi dans nos églises ? Un article, mis en bonne place en lien avec un quotidien du soir bien connu, reprend le vieil argument sous le titre « Plus de religion égale moins de sciences » et le vice-versa n’est pas loin. Il se fonde sur une étude faite au Québec à partir de données statistiques nord-américaines et européennes, publiée avec le même titre, et qui annonçait : « Quel que soit le pays considéré, plus les individus s’identifient à une religion et la pratiquent fortement, moins ils ont de compétence scientifique… Plus les individus adhèrent à une religion, moins ils ont des attitudes positives envers les sciences. Les Européens et les Américains les moins religieux sont ceux dont les représentations des sciences et de leurs répercussions sociales sont les plus positives ».

J’ai pris la peine de lire cette étude sur cette supposée incompatibilité science et foi présentée comme « vérité scientifique ». En réalité, il faut nuancer, et il y a bien des raisons de le faire. Raison historique : voilà un siècle, et même plusieurs qu’on écrit que la science remplacera sous peu la religion – mais celle-ci est toujours là. Aucune donnée non plus sur le niveau de scientificité des « scientifiques » interrogés, aucune différence entre chercheurs scientifiques et personnes travaillant sur les applications techniques, ni entre sciences « dures » et savoirs à la scientificité discutable, ainsi la sociologie, métier des auteurs de cette étude. De plus, seules les croyances religieuses sont prises en compte en tant que croyances, pas les croyances scientistes et autres ; sans parler de réponses qui pourraient fort rapidement évoluer, par exemple le pourcentage très fort de ceux qui seraient convaincu que la science est bénéfique pour l’environnement… Mais surtout : croire que l’existence de Dieu dépend de statistiques et de sondages humains c’est n’avoir rien compris ni à Dieu ni aux hommes.

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