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Jugements

Carte blanche de Didier Rance 06h07

Nous jugeons les autres sur ce qu’ils font et nous-mêmes sur ce que nous voudrions ou aimerions faire voire sur ce que nous aurions aimé faire – même si nous ne l’avons pas fait ou fait le contraire. Comment pourrions-nous faire autrement – seul Dieu sondent les reins et les cœurs. Mais la balance est inégale et ce n’est pas étonnant que nous soyons pour la plupart plus sévère envers les autres (ou au moins certains autres) qu’envers nous-mêmes. Cela vaut dans le temps comme dans l’espace, avec nos pères comme avec nos contemporains. Et comme il s’ajoute en général, moins ouvertement qu’il y a une génération mais toujours présent, un préjugé progressiste automatique, le résultat est moralement insupportable.  Quand il ne s’agit que de goût et de culture, ce n’est pas trop grave, même si le mépris pour ceux qui ont vécu dans la préhistoire ou y vivent encore quant au rock, au portable, aux chaines d’information en continu ou à Netflix, est quelque peu désagréable quand on leur dit : « Mais comment peut-on vivre sans eux en 2022 ? Est-ce encore  vivre ?» est surtout ridicule.

Mais quand il s’agit de la grande histoire, du destin de nos peuples, c’est grave. Que de fois dans ma génération ai-je entendu des critiques des condamnations sur la génération précédente, celle qui a laissa Hitler et son idéologie hallucinante et criminelle accéder au pouvoir. Mais  nous quelles guerres, quels génocides, avons-nous empêchés ? Nous oublions que l’histoire ne s’arrête pas avec nous et qu’elle n’a rien de linéaire. Nos enfants déjà nous demandent des comptes, sur l’avenir de notre planète et la folie consumériste par exemple. Il en va de même au plan religieux. Si les mentalités voire les les législations changent, que dirons nos petits- ou arrière-petits-enfants de notre génération chrétienne ? « Elle  acceptait quasiment sans rien faire un monde avec des riches toujours plus riches et des pauvres toujours plus pauvres ; un monde qui non seulement acceptait l’avortement, crime abominable pour le Concile de leur époque mais mettait la main au portefeuille à travers les prélèvements sociaux pour qu’il soit gratuit ?  Et le mariage pour tous, etc. ».

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