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Ma pauvre prière

24.09.22
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Ma pauvre prière

Carte blanche de Didier Rance 06h07

Voici trois ou quatre décennies que j’appelle dans mes homélies pour l’AED à prier pour nos frères des Églises souffrantes, et aussi à connaitre leur prières et à prendre conscience du cadeau formidable qu’ils nous offrent par celles-ci ,et le modèle qu’elles nous donnent – j’ai publié un livre la dessus. Mais qu’en est-il de la mienne ? C’est hélas plus une pauvre prière qu’une prière de pauvre comme Dieu les aime, je veux dire que ce qui la menace est surtout la paresse, les distractions ou les jérémiades devant Dieu pour tout ce que je ne comprends pas dans le mal de ce monde, lointain ou proche. Je suis comme ces piètres musiciens qui, à soixante-dix ans, font toujours la même fausse note dans des pièces faciles qu’ils étudient depuis l’enfance. Et je suis aussi bien souvent dans un entre deux :est-ce que je prie le Seigneur d’abord pour lui, parce qu’il est le Seigneur, ou pour moi ? Il n’est même pas besoin d’être scrupuleux pour se poser la question.

Pourtant je sens bien que si nous attendons d’être capables avec certitude d’une prière « chimiquement » pure avant de nous mettre à prier, nous risquons de ne jamais prier. Alors e m’efforce de ne pas me résigner à la pauvreté de ma prière – ne vaut-il pas mieux arriver borgne ou estropié que de s’arrêter en route sous prétexte qu’on est pas capable d’être un athlète de la marche ? Et j’offre cette médiocrité à la miséricorde de Dieu et à la tendresse maternelle de la Vierge Marie. Et je me rends compte ainsi combien j’ai besoin de leur aide et de celle de nos grands frères les saints.

De plus, cette pauvreté dans la prière personnelle me fait apprécier d’autant plus la grâce qui m’est donnée comme diacre de prier l’Office. Comme la prière de mes frères soutient et enrichit la mienne, que ce soit dans les paroisses qui m’accueillent, dans les communautés dont je partage un temps d’Office ou quand je célèbre avec mes frères de rite byzantin. La joie d’être devant le Seigneur et de le prier m’est alors souvent donnée, et je souscris alors les yeux fermés à cette réponse donnée par Tolkien à une petite fille qui l’interrogeait sur le but de la vie: Connaître Dieu par tous les moyens à notre disposition et en être ému afin de Le louer et de Lui rendre grâce. Faire comme nous le disons dans le Gloria… »

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