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Psaumes – Aimer Dieu car il est Dieu

21.05.22
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Psaumes – Aimer Dieu car il est Dieu

Carte blanche de Didier Rance 06h07

Quand nous chantons ou lisons les Psaumes, il y a un aspect qui nous échappe sans que nous nous en rendions compte, à savoir qu’ils ont été composés à une époque de l’histoire d’Israël ou la foi dans la vie éternelle n’existait pas vraiment encore, sinon comme sur le  mode de l’ombre, de l’évanescence, des ténèbres infinies et du silence. Un temps où tout simplement Dieu ne l’avait pas encore révélée, car toute la Révélation est une progression, une dynamique. Pour David et les chantres qui ont composé les psaumes, à la mort tout s’arrête, et c’est pour toujours. Ainsi le psaume 115 : « Les morts ne chantent pas la louange du Seigneur, eux qui descendent dans le monde du silence ». Ou encore le 142 : « Ne me cache pas ton visage : je serais de ceux qui tombent dans la fosse », et tant d’autres…

Quand on sait cela on comprend mieux cet amour qui semble exacerbé de cette vie et le désir de la conserver, qui transpirent des psaumes (qui ne sont pas mauvais en soi, loin s’en faut). Il n’y a pour l’homme qu’une vie qui mérite ce nom, celle sur terre, et nous semblons bien loin des paroles de Jésus sur « qui veut sauver la vie la perdra ».

Pourquoi ce retard à le révéler ? J’aime bien l’hypothèse de C.S. Lewis – l’auteur de Narnia qui a publié un bon petit livre sur les Psaumes. Comme Claudel, il n’a pas écrit pas un livre de spécialiste, mais de poète et de créateur, avec le cœur et l’intuition.

Lewis nous dit : Dieu a attendu longtemps avant de révéler jusqu’où allait son projet d’alliance avec l’homme, jusqu’à la vie éternelle, pour que l’homme commence par la nouer avec lui et pour lui et non dans l’espoir d’une récompense. Et c’est bien ce que nous avons dans les Psaumes, et ailleurs dans l’Ancien Testament : Dieu est aimé parce qu’il est Dieu, sans rien attendre ni espérer pour notre vie éternelle. Il y a une grandeur dans cela, qu’on retrouve dans le hassidisme par exemple. Bien sûr nous ne pouvons pas faire aujourd’hui comme si la Révélation s’était arrêtée là, comme si la fin de l’Ancien Testament et surtout les Évangiles n’existaient pas. Mais nous devons hiérarchiser notre relation à Dieu et l’aimer d’abord pour lui-même, pas pour les dons qu’il nous prodigue, aussi grands soient-ils.

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