Carte blanche de Didier Rance

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21 mars 2020 : Pèlerinage

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Je devais partir en pèlerinage durant un mois sur la Via Francigena, de Milan à Rome, cette semaine. Comme vous tous, c’est un tout autre pèlerinage que j’ai commencé avec mon épouse. Je devais quitter mes petits-enfants pour un mois, et de même mes enfants, alors qu’ils illuminent notre maison quand nous les avons, le mercredi et un peu plus. Nous les quittons – pas le choix – et pour une durée indéterminée. Et si je ne parle que d’eux, je pense aussi comme vous à tous les autres, familles et amis, personne âgées isolées, personnes au psychisme fragile qui ne supportent pas la solitude, et cette amie si gravement malade, la reverrons-nous – même si les médias sociaux nous permettent de rester en contact, d’inventer de nouvelles formes de partage, et si la prière ne connait ni barrière ni frontière comme je l’ai jadis appris des chrétiens persécutés.

Nous avons donc commencé, chacun de nous, un singulier pèlerinage, quels qu’aient été nos projets pour ces semaines et celles à venir. D’abord le pèlerinage des malades du virus, chez eux ou à l’hôpital, et pour certains d’une lutte entre vie et mort au résultat incertain. Prions d’abord pour eux, dont le pèlerinage est le plus lourd, et le plus fondamental. Et que dire de celui des professionnels de santé, en première ligne, et de toutes les autres personnes qui continuent courageusement à sortir et travailler pour le bien commun dans quelque secteur et à quelque niveau que ce soit – c’est pour chacun de nous qu’ils le font et notre prière instante doit les soutenir. Et puis la plupart d’entre nous, les confinés, pèlerinage qu’on ne peut comparer aux précédents, mais qui nous demande quand même, comme tous les pèlerinages, d’abandonner des habitudes, des projets, des sécurités ; pour les croyants, la messe dominicale ou quotidienne alors qu’elle nous est plus que jamais précieuse et qui nous plonge dans un inconnu qui légitimement peut faire peur ou pire.

Et pourtant, comme mes amis, je constate combien notre vie de prière s’est soudain dilatée, en temps et, comment dire, en intensité, sans efforts de notre part, ces dernières semaines, plus encore ces derniers jours – en ce temps de Carême à vivre avec Jésus. Quel que soit le pèlerinage que nous sommes en train de vivre, il y a au bout le Christ ressuscité et son amour.

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