Carte blanche de Didier Rance

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15/02/2020 : La prière de l’agnostique

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Avec ses gros sabots ou, dit plus élégamment, son franc-parler, Blaise Pascal, suivant d’ailleurs ici saint Augustin, divisait l’humanité en trois catégories,à propos de Dieu : « Il y a trois sortes de personnes : les uns qui le servent l’ayant trouvé, les autres qui s’emploient à le chercher ne l’ayant pas trouvé, les autres qui vivent sans le chercher ni l’avoir trouvé. Les premiers sont raisonnables et heureux, les derniers sont fous et malheureux. Ceux du milieu sont malheureux et raisonnables ».C’est intolérant, mais réfléchi.

Il y aurait beaucoup à dire sur ceux qui servent Dieu, l’ayant trouvé (ou sont censés le servir), ce service étant lui aussi recherche car avoir trouvé Dieu, le converti en fait l’expérience, c’est en réalité avoir infiniment accru le champ de recherche que cela ouvre. Mais je m’arrêterais aujourd’hui sur le terme de fou employé par Pascal pour ceux qui « qui vivent sans le chercher ni l’avoir trouvé » C’est intolérant, et choquant pour beaucoup,mais c’est dans la droite ligne de la Bible, par exemple dupsaume 14, pour qui la foliene signifie rien d’autre que le manque de raison ;  puisqu’il y a quelque chose plutôt que rien, à savoir au moins nous-mêmes, l’étonnement est la démarche la plus raisonnable qui soit, et unpremier pas dans la recherche de Dieu.

Pour aider l’incroyant de bonne volonté (et le mal croyant que les croyants sont souvent aussi d’une façon ou autre), une prière m’est venue au cœur :

« Dieu, je ne sais pas si tu existes et j’ai bien du mal à le croire. Il y a tant de problèmes (et le mot problème est faible, le pire y côtoie le minable) dans le monde – et en moi – que je n’arrive pas à faire coller cela avec ce que disent les chrétiens de toi, que tu n’es que bonté et miséricorde. Ne voient-ils pas ces problèmes ? Mais je me dis, et je te dis : qu’est-ce est le plus important ? Que moi je n’arrive pas à te trouver, ou que toi, si tu existes, tu ne me trouves pas ? Que moi je croie en toi, ou que toi, si tu existes, croies en moi? Alors, je te remercie de le faire, si tu existes. Et que tu continues, si tu existes, à me faire confiance dans ma recherche, tu sais qu’elle est de bonne foi ».

 

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