Carte blanche de Didier Rance

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13 janvier 2018 : Moutons

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Il y a des événements que l’on vit, parfois bien simples, qu’on oublie aussitôt et qui soudain vous reviennent, et ne veulent pas partir. Celui-ci date de mon dernier pèlerinage vers Rome, j’aurais pu alors le partager avec vous. Il n’est pas trop tard pour le faire. Un jour, mon chemin a débouché soudain sur un autre juste au moment où un troupeau de moutons, peut-être plus de 200 bêtes, trottait derrière son berger ; je me suis retrouvé en plein milieu. Les moutons devant moi ont continué à suivre leur berger, mais ceux derrière ont eu peur et se sont arrêtés net : je n’étais pas leur berger. Au bout d’un petit moment, le berger l’a vu et il leur a crié, Avanti, Avanti. Et là j’ai senti ces moutons partagés entre la peur de l’étranger et l’amour et la confiance dans leur berger. Ils ont hésité puis, rassembler tout leur courage à quatre pattes, ils se sont mis à courir deux ou trois à la fois pour me doubler, certains dérapant ou même trébuchant dans le ravinement latéral du chemin ou montant sur les talus pour m’éviter. Tous. Un peu plus tard, quand je suis arrivé à hauteur de leur nouveau pâturage, le berger était devant sa clôture et tous les moutons, brebis et agneaux étaient déjà dedans – la plupart broutant l’herbe – les émotions cela donne faim -, et d’autres déjà tranquillement allongés en paix, en confiance dans ce lieu nouveau pour eux, parce que leur berger était là. Et j’ai alors pensé à Jésus. Avec lui, Jésus c’est exactement pareil : quoiqu’il nous arrive, nous pouvons lui faire confiance, même si ce n’est pas facile tous les jours. Il nous aime et nous l’aimons. Et même si les ravinements et les talus ne pouvaient être qualifiés de ravins, même si l’eau de leur nouveau pâturage était celle d’un abreuvoir, les paroles du psaume me sont venues en tête :

Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien.

Sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ;

Il me conduit par le juste chemin pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal,

Car tu es avec moi : ton bâton me guide et me rassure.

Huit mois plus tard, ces moutons ne me quittent plus…

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